«Les projets engagés et autorisés vont suivre leur cours. On ne reviendra pas sur les projets annoncés», a déclaré Pauline Marois, lundi.

Marois accueille froidement le rapport sur les enjeux énergétiques

Il n'est pas question pour Québec de freiner les projets d'Hydro-Québec.
De passage à Rimouski, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a accueilli plutôt froidement le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, dans lequel deux experts suggèrent de cesser le développement de l'hydroélectricité et de l'éolien, qui ferait perdre des milliards de dollars à l'État québécois.
«Nous allons étudier ce rapport. C'est le gouvernement qui prendra les décisions et nous allons aussi adopter une politique énergétique [...]. Ce n'est pas mauvais d'avoir trop d'électricité si on peut l'utiliser. Plutôt que de le voir comme un poids, il faut le voir comme un avantage», a-t-elle dit, donnant l'exemple de l'investissement d'Ericsson d'un milliard de dollars à Montréal.
«Les projets engagés et autorisés vont suivre leur cours. On ne reviendra pas sur les projets annoncés.»
Le chef libéral n'est pas non plus de ceux qui prônent le ralentissement du développement hydroélectrique.
«Il faut arrêter de voir les surplus d'électricité au Québec comme un problème. Il y a peu de sociétés dans le monde qui considéreraient cela comme un problème», a lancé Philippe Couillard, de passage sur la Côte-Nord hier. «C'est une richesse [...]. C'est une façon de développer notre économie, pas un handicap, et c'est un atout qu'on doit saisir.»
Vision à long terme
En signalant que le développement énergétique doit être accompagné d'une vision à long terme, M. Couillard a aussi rappelé que dans les années 90, le Québec s'est trouvé en situation de pénurie appréhendée.
L'Association canadienne de l'énergie éolienne demande aussi qu'une vision à long terme soit prônée.
Steven Guilbeault, d'Équiterre, a abondé dans le même sens. «Nous avons une réaction trop à court terme. Si on regarde les problèmes de surplus de façon historique, on arrive à relativiser et à voir qu'on n'arrive jamais à un équilibre parfait», souligne-t-il.
La faible demande pour l'électricité québécoise est due à la forte demande pour le gaz de schiste et son faible prix, soutient-il. Il avertit qu'il existe en ce moment une pression à la hausse sur les prix du gaz. La demande en électricité pourrait reprendre rapidement, «ce qui pourrait être une excellente nouvelle pour Hydro-Québec».
Pour François Bonnardel, de la Coalition avenir Québec, le rapport vient démontrer que la hausse des tarifs de 5,8 % demandée par Hydro-Québec servira à la construction d'éoliennes qui généreront plus de surplus vendus à perte sur les marchés d'exportation.
Selon Christian Simard, de Nature Québec, la situation montre qu'il y a eu une mauvaise planification de la part de l'État et que la réaction des chefs de parti montre leur intention d'aller «chercher des votes en région». 
Avec la collaboration de Carl Thériault et de Steeve Paradis