L’ex-première ministre du Québec Pauline Marois est d’avis que le dossier de la marijuana ne doit pas être pris à la légère.

Marijuana: «Je n’aurais pas pris cette initiative», dit Marois

«Je suis confortable avec une politique de décriminalisation. Mais, je ne serais peut-être pas allée jusqu’à rendre ce produit accessible et libre à la consommation».

Pour l’ancienne première ministre du Québec, Pauline Marois, le dossier de la marijuana n’est pas à prendre à la légère. 

«C’est certain que cela comporte son lot de risques et il ne faut pas les négliger. [...] L’État doit assumer ses responsabilités».

Selon celle qui a étudié en service social à l’Université Laval, de la formation doit être réalisée auprès des intervenants, des policiers et des vendeurs, mais le gouvernement doit également cibler les milieux scolaires, comme les professeurs. Il devrait également y avoir déjà davantage de publicités disponibles sur les effets néfastes du cannabis. 

«Il faut continuer d’être très, très exigeant en terme d’encadrement. Il faut bien préparer ceux et celles qui vont intervenir. [...] Il faut que les gens soient en mesure de parler des balises à la consommation et des risques», indique-t-elle au Soleil, concédant que la légalisation du pot pourrait avoir des impacts majeurs dans la société.

«Les professeurs doivent avoir des outils pour être en mesure d’aborder la question avec les élèves. Je ne pense pas qu’un jeune va aller consulter un policier s’il se retrouve dans une mauvaise situation en raison du cannabis. Il va peut-être plutôt parler à son professeur ou à un conseiller à son école», poursuit-elle.

Celle qui a été la patronne de la province, sous le règne du Parti québécois de septembre 2012 à avril 2014, était de passage au Monastère des Augustines, mercredi, pour une conférence dédiée aux membres de Femmes en Affaires de la Capitale-Nationale. 

Mme Marois est entre autres revenue sur son parcours comme femme engagée en politique. L’événement a eu lieu avec la collaboration du Groupe Femmes Politique et Démocratie. 

«Ce n’est pas le Colorado ici»

Durant sa dernière campagne électorale, Mme Marois avait notamment été questionnée à quelques reprises sur la possibilité de légaliser la marijuana. 

Sa réponse avait été, comme on retrouve sur le site de La Terre de chez nous : «Ce n’est pas le Colorado ici». Il n’était pas question d’utiliser le cannabis pour renflouer les coffres de l’État. 

Aujourd’hui, elle affirme qu’elle aurait été ouverte à l’idée de décriminaliser le produit, mais qu’elle «n’aurait pas pris l’initiative» de rendre le pot accessible à la consommation récréative. 

«Il ne faut surtout pas banaliser le tout, sans non plus démoniser complètement. Il faut être clair sur les risques et sur ce qu’est une consommation raisonnable. On le fait pour l’alcool», estime-t-elle.

Quant à la question de l’entité responsable de la vente de la marijuana, Mme Marois salue le fait d’avoir mis sur pied la Société québécoise du cannabis (SQDC).

«Cela reste un produit qui comporte un certain danger, par sa qualité. On sait que cela va être contrôlé par une société d’État qui va pouvoir fournir l’information juste», fait valoir Mme Marois.

«Pour la publicité, cela devrait être seulement pour de l’information. Elle devrait être réalisée par la société d’État ou le gouvernement. On pourrait même demander une contribution aux producteurs afin d’obtenir des fonds pour faire de la prévention et de l’éducation», avance comme possibilité celle qui n’a pas l’intention de sortir de sa retraite politique pour la prochaine bataille à l’automne. 

La SQDC prévoit ouvrir à sa première année une vingtaine de succursales de cannabis à travers la province. Le projet de loi fédéral n’a pas encore été adopté. Cela devrait se faire d’ici l’automne.