Marché immobilier au Québec: atterrissage en douceur

Le marché immobilier est certes déprimé au Québec, mais on est loin d'un scénario catastrophe, selon les économistes du Mouvement Desjardins, de la Banque Laurentienne et de la Banque Nationale.
<p>«On ne voit pas de crash au Québec. Mais il est évident que ça ralentit davantage dans l'Est que dans l'Ouest», selon Carlos Leitao, économiste en chef de la Banque Laurentienne.</p>
«On voit plutôt un atterrissage en douceur partout au Canada, y compris au Québec», a formulé jeudi l'économiste en chef de la Banque Laurentienne, Carlos Leitao, qui participait dans la capitale à une conférence économique du Cercle finance du Québec et de l'Association des économistes québécois.
M. Leitao a toutefois rappelé que «cet atterrissage» se voulait un peu plus «prononcé» à l'est de la rivière des Outaouais. «On ne voit pas de crash au Québec. Mais il est évident que ça ralentit davantage dans l'Est que dans l'Ouest», a-t-il fait savoir.
Des données dévoilées jeudi par la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) indiquent que le marché de la copropriété a connu un ralentissement marqué en 2013 au Québec avec une baisse des ventes de 10 %.
Les statistiques compilées par la FCIQ soulignent également qu'en 2013, le tiers des propriétaires-vendeurs de résidences ont été contraints de réviser leur prix à la baisse pendant que les délais de vente augmentaient, notamment dans le condo.
Au total, 71 265 transactions immobilières ont été réalisées au Québec en 2013, en baisse de 8 % par rapport à 2012. Les ventes de maisons unifamiliales a diminué de 7 % (50 082 transactions) alors que celles des plex ont reculé de 9 % (6015 transactions).
L'économiste de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion, n'est d'ailleurs pas surpris de voir le marché immobilier ralentir de cette façon en sol québécois. «On ne voit pas de potentiel haussier des prix des maisons, c'est certain. Cela correspond avec les revenus disponibles des ménages», a-il laissé entendre rappelant que le pouvoir d'achat des Québécois avait été amputé (une fois de plus) par des hausses d'impôts et de taxes décrétées l'an dernier par le gouvernement du Québec.
Selon l'économiste en chef du Mouvement Desjardins, François Dupuis, le secteur immobilier demeure «un risque» pour l'économie canadienne en 2014. Mais rien de dramatique. «On voit qu'au Québec, les prix baissent légèrement tout comme les stocks dans le condo. On ne voit pas d'écrasement du marché», a-t-il indiqué.
Pour les économistes de Desjardins (le plus important prêteur hypothécaire en sol québécois), le marché de la copropriété tant à Québec qu'à Montréal est déjà en mode correction. Ce marché pourrait encaisser une baisse de prix de 5 % à 10 % d'ici un an en raison d'une offre abondante, notamment dans les gammes supérieures.
Hausse des taux à prévoir
L'économiste de la Banque Laurentienne, Carlos Leitao, s'attend à voir les taux hypothécaires remonter d'ici la fin de 2014. «Ça ne me surprendrait pas de voir le taux affiché d'une hypothèque fermé cinq ans atteindre les 6 %», a-t-il fait savoir.
M. Leitao est d'avis que les taux affichés de cinq ans fixes passeront de 5,5 % à 6,1 % en 2014, puisque les taux obligataires vont monter de 100 points de base, passant de 1,95 % à 2,5 % durant cette même période. Les prévisions de la Banque Laurentienne poussent même les taux obligataires à 3,25 % en 2015.
Cette hausse des taux attendue cette année et l'an prochain pourrait ainsi freiner les ardeurs du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui souhaite un nouveau resserrement des règles hypothécaires au pays.