Le maïs sucré de Neuville, qui vient d'arriver sur les étals du Marché du Vieux-Port, a une certification bien à lui depuis un peu plus d'un mois.

Marché du Vieux-Port: des épis sucrés et certifiés

Les tout premiers épis de maïs de Neuville sont arrivés cette semaine au Marché du Vieux-Port de Québec. Pour la première fois cette année, ils arborent un logo spécial, qui certifie qu'ils proviennent de cette localité de Portneuf.
Le logo IGP
«D'habitude, on voit surtout du faux maïs de Neuville au coin des rues ou près des stations-service. Les clients nous demandent souvent si c'est du vrai maïs de Neuville ou pas. Là au moins, on peut leur montrer notre logo», se réjouit Chantal Sauvageau, de la Ferme Dubuc de Neuville.
Première productrice à vendre ses blés d'Inde au Vieux-Port cette saison, elle sera accompagnée de deux autres producteurs au cours de prochains jours. Comme les autres membres de l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville, Mme Sauvageau affiche fièrement la certification reçue il y a un peu plus d'un mois par Écocert Canada.
Le logo atteste que l'épi de maïs bénéficie d'une identification géographique protégée (IGP). La productrice agricole dit avoir reçu il y a quelques semaines un inspecteur du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), qui a visité les champs afin de constater de visu la provenance exacte de leur blé d'Inde. 
Réputation enviable
Tout ce processus de certification a un coût pour les producteurs, qui ne devrait toutefois pas être refilé aux consommateurs, avance Mme Sauvageau. Mercredi, le maïs de Neuville était vendu 10 $ la douzaine au Marché du Vieux-Port, ce qui est normalement le prix du maïs hâtif, qui coûte plus cher à produire que celui semé en pleine terre et qui est mûr à la fin août et au début septembre. 
Jouissant d'une bonne réputation depuis de nombreuses années, le maïs de Neuville pousse dans un sol sablo-limoneux propice à cette culture, et profite d'un microclimat doux, en bordure du fleuve. Mme Sauvageau explique que les producteurs ont sélectionné avec les années un type de maïs très sucré, qui est rapidement devenu le favori de plusieurs Québécois. 
Reste à voir maintenant si cette nouvelle certification fera baisser le nombre d'usurpateurs et rehaussera encore d'un cran la popularité du maïs de Neuville. «Je pense qu'à long terme, ça va être bon pour nous», commente Mme Sauvageau.
Après la pluie, l'abondance
Après avoir connu un printemps très pluvieux et froid, les agriculteurs poussent un soupir de soulagement en voyant leurs champs reprendre de la vigueur ces jours-ci. 
«Les semences, les plantations ont été difficiles à faire. Normalement, on s'attendait à avoir du beau temps en juin, ce qui n'a pas été le cas, donc ça a retardé la croissance des plants», raconte Arthur Cauchon, producteur maraîcher à Château-Richer et président du conseil d'administration de la Coopérative des horticulteurs de Québec, qui loge au Marché du Vieux-Port.
Les récoltes ont pris du retard en raison des pluies printanières, mais la nature rattrape le temps perdu. Le Marché regorge notamment de framboises et de bleuets.
Toute cette pluie fait en sorte que les récoltes sont un peu en retard cette année. Certains producteurs, surtout sur la Rive-Sud de Québec, ont aussi vu leurs champs être affectés par des épisodes de grêle en juin. Mais la nature est actuellement à rattraper le temps perdu, si bien que le Marché regorge de fraises, de framboises, de bleuets et de haricots. «On peut dire qu'actuellement, c'est reparti. La saison des fraises, je pense que ça a été l'une des belles saisons qu'on a eues», commente M. Cauchon, qui s'attend à des récoltes abondantes jusqu'à l'automne. 
Toujours bien ouvert
Le Marché du Vieux-Port a connu une baisse d'achalandage en mai et juin, mais il s'est repris en juillet, indique le directeur général Daniel Tremblay. Rendez-vous 2017 a rempli les allées de clients et les marchands sont très occupés depuis. 
«On a eu beaucoup d'appels de gens ces derniers mois qui pensaient qu'on était fermés ou qu'on était déjà déménagés, mais on en a encore pour près de deux ans ici», soutient M. Tremblay. Le déménagement du Marché vers d'autres locaux à ExpoCité est prévu au plus tard au printemps 2019. 
Rappelons que l'avocat François Marchand a déposé une injonction contre la Ville de Québec et la Coopérative des horticulteurs de Québec afin de s'opposer à ce déménagement. Le dossier devrait être débattu en cour à l'automne, selon M. Marchand.