Le fier producteur d'une gamme diversifiée de nectars, Jean-Paul Breton, avait peine à cacher sa joie dimanche malgré la pluie incessante.

Marché du coeur de Bellechasse: le réconfort sous la pluie

Pour une première fois en quatre présentations, le Marché du Coeur de Bellechasse s'est tenu, dimanche, à Saint-Gervais, sous une pluie incessante. Sous le chapiteau, les artisans tentaient de garder le sourire. Sauf Jean-Paul Breton qui avait, pour sa part, peine à cacher sa joie.
«Ça commençait à être urgent», a lancé le viticulteur copropriétaire, avec sa femme, du Vignoble et Verger CasaBreton. «On en avait besoin, c'est bon pour les pommes et pour les bleuets.»
Le fier producteur d'une gamme diversifié de nectars allant du vin rouge au cidre bouché sur lie en passant par un vin de bleuets fortifié tenait à faire goûter le produit de sa terre à tous. «Vous allez goûter à mon porto de bleuets», a-t-il répété à quelques reprises.
Parmi les 27 exposants présents, dimanche, de 10h à 16h, au pied de l'église, M. Breton était joint par ses collègues de la Route des vins de Bellechasse. Le Ricaneux et le Domaine Bel-Chas présentaient également leurs bouteilles aux braves curieux ayant défié le déluge. 
Marielle Béland, cofondatrice du Domaine Bel-Chas avec son mari Louis Chassé - d'où le nom de leur vignoble Bel-Chas -, n'arrivait pas à regarder la pluie avec le même bonheur que son voisin de kiosque. «On ne cultive que du raisin et on aime ça quand c'est sec», a-t-elle expliqué sans toutefois s'inquiéter des abondantes pluies de la fin de semaine.
Si elle tenait à présenter le fruit de leurs cépages rouges et blancs à la clientèle du marché biannuel, Mme Béland a souligné que l'initiative de la Route des vins permettant aux promeneurs de visiter facilement les installations des trois domaines de Bellechasse a grandement aidé à faire connaître et reconnaître leurs différents vins.
«Il y a un engouement pour les produits du Québec, mais il y a encore de l'éducation à faire, a-t-elle souligné. Les produits se sont beaucoup améliorés au courant des dernières années.» Elle parle d'une certaine dose de snobisme entourant encore les produits vinicoles du Québec. 
«Parfois, les gens entrent chez nous, ils goûtent et on sent qu'ils trouvent ça vraiment meilleur qu'ils pensaient. Ils s'attendaient à ce que ce ne soit pas bon», a raconté celle dont les produits se vendent entre 15 $ et 20 $. Elle a également invité les amateurs de vins à se présenter au domaine et même à venir y pique-niquer. 
Rester zen
L'instigatrice du Marché du Coeur de Bellechasse, Vickie Langlois, tentait, quant à elle, de rester zen malgré la température plus que maussade. «C'est tellement dommage que vous soyez ici la seule fois où il pleut, mais ça devait finir par arriver», a-t-elle lancé au Soleil. 
Celle qui passe son année à se promener avec sa Roulotte gourmande J'aime Bellechasse, pour faire découvrir les produits de son coin grâce à sa cuisine, a cependant assuré, en fin de journée dimanche, que les gens sont tout de même venus au rendez-vous. «Ç'a mieux été que j'aurais pu penser et les gens ont bu beaucoup de bières», a-t-elle assuré en parlant du produit de la Microbrasserie de Bellechasse. 
Mme Langlois se croise maintenant les doigts pour que dame nature soit plus clémente envers les exposants le 14 septembre, pour le deuxième et dernier rendez-vous de l'année.