Le vice-président marketing et associé fondateur du Groupe Mantra Pharma, Stéphane Turcotte, explique que le médicament sur lequel travaille actuellement l’entreprise sera commercialisé dans le monde entier, après l’obtention d’un brevet international.

Mantra Pharma à la conquête d’un médicament novateur

Un an après avoir commercialisé au Québec une vingtaine de médicaments génériques, le Groupe Mantra Pharma se projette déjà dans le marché des médicaments novateurs avec un brevet international à la clé.

L’entreprise créée en 2006 à Lévis vient de déposer une demande de brevet sur un médicament, qui, s’il va au bout de toutes les étapes, sera commercialisé dans le monde entier. «On travaille dessus depuis deux ans. Il va apporter une solution à des conditions de vie qui nécessitent ce médicament-là», confie le vice-président marketing et associé fondateur du Groupe Mantra Pharma, Stéphane Turcotte. 

Jusqu’à présent, le Groupe Mantra Pharma était spécialisé entre autres dans les médicaments génériques, mais ce secteur étant extrêmement concurrentiel, l’entreprise devait trouver le moyen de se lancer dans un médicament original pour assurer sa survie. «Pour le médicament générique, une fois qu’il est accepté par la RAMQ, le marché est libre pour l’instant dans les pharmacies communautaires. On va à la rencontre des pharmaciens pour leur vendre notre produit, mais cela pourrait changer. Le prix est également fixé par la RAMQ», explique-t-il.

«Tous les acteurs hospitaliers fonctionnent sous appel d’offres, donc c’est le plus bas soumissionnaire qui obtient le contrat de trois ans pour la vente de son produit et cela pourrait devenir la même chose à un moment donné pour les pharmacies communautaires», poursuit M. Turcotte. 

Marché prometteur

Lorsque le Groupe Mantra Pharma a décidé en 2015 de se lancer dans la production de médicaments génériques, l’entreprise savait qu’elle s’attaquait à un gros défi. Les grands groupes pharmaceutiques ne voyaient pas d’un bon œil l’arrivée de tous ces concurrents alors qu’ils avaient dépensé des millions de dollars pour créer des médicaments novateurs. «Ils ont mené des campagnes de peur et mettaient le doute dans la tête du grand public et des médecins», relate M. Turcotte. 

Mais la règle est la suivante : au bout de 20 ans, le brevet devient public et tout le monde peut obtenir la formule pour créer un générique qui est beaucoup moins cher puisqu’il n’y a pas besoin d’investir dans la recherche pour trouver la bonne molécule. De nombreuses entreprises ont vu immédiatement les opportunités de réaliser de bonnes affaires d’autant plus que les dépenses de santé ont explosé ces dernières années. 

«Les gouvernements ont peu à peu mis des règles pour favoriser les médicaments génériques qui coûtent beaucoup moins cher. Pour certains médicaments, on parle même de 90 % moins cher», souligne-t-il. «Maintenant, s’il y a un produit générique, le pharmacien doit le proposer au patient, s’il refuse, le patient va payer la différence du prix», ajoute-t-il. 

Les règles sont également strictes pour vendre un médicament générique. L’entreprise doit obligatoirement respecter l’ingrédient actif et le Canada a l’une des réglementations les plus sévères au monde. Les gens font donc plus confiance maintenant aux médicaments génériques.

Se démarquer 

La libéralisation, la confiance, et les raisons économiques ont multiplié les entreprises dans le domaine du générique. Au lieu qu’une seule entreprise fabrique un médicament, il y en a des dizaines et la concurrence est rude. 

Pour se démarquer, le Groupe Mantra Pharma a développé un concept d’accompagnement des pharmaciens pour s’assurer que le médicament proposé par le médecin est le bon pour le patient et que celui-ci va le prendre. «Les patients ne prennent pas toujours leur médicament ou ils ne le prennent pas au bon moment», mentionne Stéphane Turcotte. 

Et avec les nouvelles fonctions accordées aux pharmaciens pour désengorger le réseau de la santé, on ne parle plus d’une simple transaction entre un professionnel de la santé et un client. «Les pharmaciens accompagnent les patients, ils renouvellent les prescriptions. Il y a un côté humain. Les jeunes diplômés sont d’ailleurs très intéressés par nos formations parce qu’ils ne l’apprennent pas à l’école», précise-t-il.

Produits de niche et reste du Canada

L’entreprise a développé au début des produits qui ne demandaient pas beaucoup d’investissements. Son succès lui a permis d’ouvrir un bureau à Brossard et d’engager de nouvelles personnes, dont huit qui travaillent depuis un an exclusivement dans le secteur juridique. Au total, le groupe Mantra Pharma compte 62 employés.

Pour ne pas se retrouver derrière la concurrence, en plus de travailler sur un médicament novateur, le groupe pharmaceutique souhaite trouver des produits de niche, en développant des médicaments génériques qui n’existent pas encore sur le marché.

L’entreprise regarde également du côté des autres provinces, dont l’Ontario. Mais il faudra quelques années. D’une part, elle devra convaincre les équivalents de la RAMQ, chaque province décide de vendre un médicament ou pas, même s’il a été approuvé par Santé Canada. Et d’autre part, les grands groupes auxquels appartiennent les pharmacies, parce que contrairement au Québec, ce ne sont pas obligatoirement des pharmaciens les propriétaires.