Le maire de Québec, Régis Labeaume, a reconnu que l’un des principaux défis pour la Capitale-Nationale était de combler le manque de main-d’œuvre.

Manque de main-d'oeuvre: Labeaume dénonce le corporatisme et la bureaucratie

Le problème n’est plus celui de la création d’emplois dans la région de la Capitale-Nationale, a tranché le maire Labeaume, jeudi, en fermeture du symposium Prévenir le tsunami numérique. Le «gros problème» est celui du manque de main-d’œuvre, et tous les acteurs socioéconomiques doivent y faire face avec aplomb.

L’heure était aux solutions, jeudi, alors que la veille, les centaines d’entrepreneurs, administrateurs publics, chefs d’entreprise et autres acteurs socioéconomiques avaient identifié les problèmes causés par le virage numérique avec lequel leur industrie doit composer.

En ouverture de discours, le maire de Québec, Régis Labeaume, a rappelé comment la Ville de Québec doit aussi composer avec le même genre de défis que ceux rencontrés dans le secteur privé. 

Mais pour le maire, qui s’est amené au podium en avant-midi, la région fait d’abord face à un problème «politique».

«On serait capable de régler une partie de nos problèmes de main-d’œuvre nous autres même, mais on se tire dans le pied avec nos problèmes bureaucratiques. Ça n’a aucun bon sens. Qu’on cesse de me parler d’investissements et d’attrait d’entreprises, ce que je dis aux gouvernements c’est occupez-vous de l’arrivée des immigrants», a dit M. Labeaume, frustré par les lenteurs administratives qui empêchent l’arrivée de travailleurs qualifiés. 

Celui-ci mise avant tout sur la venue de travailleurs européens francophones, qu’il juge plus faciles à intégrer puisqu’ils maîtrisent déjà la langue.

Lors de son tête-à-tête avec le premier ministre Justin Trudeau il y a deux semaines, le maire assure lui avoir partagé la nécessité pour Québec d’avoir un plan spécial puisque la situation de plein-emploi actuelle freine le développement des entreprises. 

M. Labeaume s’est par la suite attaqué au problème de la reconnaissance des diplômes, déplorant le «corporatisme» qui serait selon lui bien ancré dans la province. 

«Les Ordres professionnels résistent pour protéger leurs membres. Ce n’est pas comme ça qu’on va développer l’économie du Québec», a-t-il dit. 

De l’aide pour les entrepreneurs

À la tête «d’une organisation qui a un chiffre d’affaires de 2 G$», le maire Labeaume a rappelé la capacité de la Ville à financer des initiatives qui permettent aux entrepreneurs d’obtenir de l’aide pour leur transformation numérique.

Promis en campagne électorale, le Centre de référence technologique devrait voir le jour prochainement.

«Quand tu as un problème de comptabilité, si tu es chanceux, tu as un bon comptable. Si tu as un problème de droit, tu peux aller voir un avocat. Mais quand tu as un problème de robotisation, de numérisation, c’est moins évident», a commenté M. Labeaume «Il faut que ce soit simple. Que l’entrepreneur qui ne sait pas quoi faire ne soit pas gêné de venir dire qu’il ne sait pas quoi faire.»

Ce Centre, qui est encore au stade embryonnaire, sera dirigé par un entrepreneur d’expérience, or celui-ci reste encore à trouver. «Ça prend la bonne personne à la tête de ça. Ça prend quelqu’un qui a déjà eu le problème et qui l’a réglé. Il y a quelques millionnaires qui s’ennuient à Québec, c’est à peu près le genre de personne que ça prend», a-t-il commenté en mêlée de presse. 

Pistes de solutions

La rectrice de l’Université Laval et présidente de la Coalition FORCE 4.0, Sophie D’Amours, s’est réjouie du succès du symposium. «C’est la première fois, dans la région de Québec, que les organismes qui ont la capacité de transformer des choses au niveau de l’innovation, de la formation, décident de se doter d’une table agile d’action», a-t-elle avancé. 

Plusieurs pistes de solution ont été avancées par les participants, dont plusieurs sont axées sur les ajustements à apporter à la formation des travailleurs et au maintien des compétences professionnelles dans les entreprises. 

«Les grands défis, on va les prendre petite bouchée par petite bouchée», a conclu Mme D’Amours. 

Ce symposium, qui a réuni 700 acteurs socioéconomiques influents de la grande région de Québec du 31 janvier au 1er février, était l’occasion de réfléchir aux défis soulevés par la transformation numérique sur l’emploi dans la région.