Manifestation contre Loblaw à Québec

Des dizaines de lock-outés et de grévistes de trois épiceries du groupe Loblaw en Abitibi-Témiscamingue sont venus manifester dans la capitale jeudi matin, alors que la société tenait son traditionnel «coup d'envoi national» au Centre des congrès de Québec, où plus de 3000 congressistes étaient réunis.
Selon le président de la Fédération du commerce de la CSN Serge Fournier, les travailleurs trouvent insultant que d'un côté, on annonce des investissements de 110 millions $ au Québec et la création de centaines d'emplois, quand, de l'autre, «l'employeur n'est même pas capable de verser un peu d'argent pour améliorer les conditions de travail de ses employés». Cette annonce visant l'ouverture de nouvelles succursales et la rénovation de celles existantes a été faite mardi, par le président de Loblaw Vicente Trius, s'adressant aux membres de la Chambre de commerce de Québec.
Trois conflits de travail, dont deux lock-out, sévissent en Abitibi-Témiscamingue depuis plusieurs mois, affectant plus de 150 syndiqués affiliés à la CSN. En effet, le Maxi de Rouyn-Noranda est en lock-out depuis août 2012, tout comme le Provigo de Témiscaming l'est depuis décembre 2012, privant les quelque 3000 résidents de cette localité de toute épicerie à moins de 80 kilomètres. À cela s'ajoute une grève au Loblaws de Rouyn-Noranda depuis juin dernier.
De l'avis de l'employeur, les demandes syndicales de ces trois magasins sont «complètement déconnectées» de la réalité, exigeant «des hausses salariales de 17-18 %», rapporte le directeur principal des affaires corporatives et des communications, Hugues Mousseau.
«Notre entreprise exploite environ 400 magasins au Québec, qui sont tous syndiqués, et il s'agit de nos trois seuls conflits de travail, indique ce dernier. Nous renouvelons entre 40 et 50 conventions collectives par année et nous venons d'ailleurs de le faire auprès de sept magasins de la région de Montréal».
Plusieurs des épiceries appartenant à Loblaw sont syndiquées avec les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), et, selon Serge Fournier, «l'employeur refuse de répondre au projet syndical» de la CSN. «Ce qui est désolant dans l'attitude de l'employeur, c'est qu'il ne veut pas négocier, il veut imposer», déplore-t-il.
Loblaw se défend bien de vouloir investir un peu partout au Québec en délaissant la région de l'Abitibi-Témiscamingue. «Au contraire, on est très fiers d'être présents là-bas. On souhaite continuer à exploiter nos magasins et on espère encore à ce jour parvenir à un accord avec les syndicats.»