Le gouvernement Couillard propose d’apporter une bonification supplémentaire du crédit d’impôt pour les travailleurs d’expérience afin qu’ils retardent le plus longtemps possible leur départ à la retraite.

Main-d'œuvre: Québec mise sur les aînés et les immigrants

La solution aux misères des entreprises à trouver des bras et des cerveaux passerait-elle en partie par la rétention des vieux?

Le gouvernement du Québec y voit une piste intéressante étant donné que les Québécois partent à la retraite plus rapidement que les autres citoyens canadiens. 

Il veut mieux soutenir les personnes expérimentées qui souhaitent réintégrer le marché du travail.

Il propose, aussi, d’apporter une bonification supplémentaire du crédit d’impôt pour les travailleurs d’expérience afin qu’ils retardent le plus longtemps possible leur départ à la retraite. 

Dans son budget déposé mardi, le ministre des Finances, Carlos Leitão, fait donc passer l’âge d’admissibilité au crédit d’impôt pour les travailleurs d’expérience de 62 à 61 ans.

En effet, les travailleurs qui seront admissibles à cette nouvelle mesure pourront bénéficier d’un avantage fiscal pouvant atteindre 450 $ à compter de 2018 puisqu’ils auront droit à un montant de revenu de travail admissible de 3000 $ aux fins du crédit d’impôt.

Ainsi, un travailleur de 61 ans ayant un revenu de travail de 30 000 $ bénéficiera d’un crédit d’impôt de 450 $. 

Le gain sera de 152 $ pour le salarié qui touche un revenu de travail de 40 000 $

La mesure bénéficiera également au travailleur de 65 ans ayant lui aussi un revenu de travail de 30 000 $. Son crédit d’impôt passera de 1500 à 1650 $.

Selon le ministère des Finances, près de 170 000 travailleurs pourront ainsi réduire leur impôt à payer. Ils bénéficieront d’un gain de près de 32 millions $.

Stratégie nationale de la main-d’œuvre

De janvier à décembre 2017, l’économie québécoise a créé 94 100 emplois. «Nous nous approchons de l’engagement de créer 250 000 emplois annoncé en 2014 sur un horizon de cinq ans», a déclaré le ministre des Finances, Carlos Leitão, en ajoutant que le Québec avait enregistré la création de 222 600 emplois depuis la divulgation de cet engagement du gouvernement de Philippe Couillard, il y a quatre ans. 

«Pour les prochaines années, la croissance de notre niveau de vie dépendra en bonne partie de la capacité du Québec à s’adapter à la fois aux besoins des travailleurs et à ceux des employeurs.»

Selon le gouvernement du Québec, pas moins de 1,3 million d’emplois seront à pourvoir au cours de la prochaine décennie, dont la majorité à l’extérieur de la région de Montréal. 

Dans cette veine, le gouvernement du Québec rendra publique, dans les prochaines semaines, une Stratégie nationale de la main-d’œuvre.

Une cagnotte de 810 millions $ accompagne cette initiative.

Plus de la moitié de cette somme (445,5 millions $) visera à accroître les bassins de main-d’œuvre, notamment en permettant aux personnes immigrantes de participer au marché du travail, en bonifiant le crédit d’impôt pour les travailleurs d’expérience et en favorisant l’intégration et le maintien en emploi d’un plus grand nombre de travailleurs.

À l’égard des personnes immigrantes, pas moins de 92,1 millions $ iront à la prospection et au recrutement des travailleurs et des étudiants étrangers.

Le gouvernement signale que depuis 2006, les immigrants ont pourvu plus de la moitié de tous les emplois créés dans la Belle Province.

Par ailleurs, une enveloppe de 227 millions $ sera dédiée à l’amélioration des compétences des travailleurs, dont 116 millions $ pour adapter l’offre de formation aux besoins du marché du travail afin d’augmenter la diplomation dans les domaines en forte demande comme les sciences et le génie.