«Dans la prochaine décennie, c’est un million et demi d’emplois au net qui seront à combler. En matière de prospérité collective, c’est probablement le plus grand défi auquel le Québec est confronté», fait valoir le pdg du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval.

Main-d'oeuvre: le patronat invoque l'«urgence d'agir» auprès de Legault

Alors que l’électorat vient d’accorder sa confiance à la Coalition avenir Québec (CAQ) pour gouverner la destinée de la province au cours des quatre prochaines années, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) lui rappelle l’«urgence d’agir» pour contrer les effets de la rareté de main-d’oeuvre.

Dans une lettre envoyée au premier ministre désigné François Legault, la cinquantaine d’associations membres du CPQ font entendre leur voix.

«Dans la foulée de la reprise des travaux parlementaires et avant la mise à jour économique, nos associations vous convient, ainsi que les ministres responsables, à une rencontre pour discuter des mesures à prendre pour apporter une solution aux déficits de main-d’oeuvre. Nous espérons que le gouvernement entendra nos préoccupations et saura apprécier les solutions que nous préconisons afin d’y donner suite concrètement.»

Pour le pdg du CPQ, Yves-Thomas Dorval, «le défi est de taille» pour le Québec.

«Dans la prochaine décennie, c’est un million et demi d’emplois au net qui seront à combler. En matière de prospérité collective, c’est probablement le plus grand défi auquel le Québec est confronté», fait-il valoir au premier ministre désigné. La formation politique de François Legault s’est engagée, faut-il le rappeler, à réduire de 20 % le seuil annuel d’immigration au Québec, le faisant passer de 50 000 à 40 000.

Il rappelle qu’un sondage réalisé en 2016 démontrait que 70 % des entreprises, petites, moyennes ou grandes, peinaient à trouver des bras et des cerveaux. Il y aurait actuellement 100 000 postes vacants dans la Belle Province. «La Banque de développement du Canada révélait plus récemment que la situation ne fait qu’empirer, et que les déficits de main-d’oeuvre ne se résorberont pas avant au moins une dizaine d’années.»

47 mesures concrètes

Pour Yves-Thomas Dorval, le nouveau gouvernement n’a pas à réinventer la roue. Les solutions aux enjeux de la main-d’oeuvre se retrouvent, en grande partie, dans la Stratégie nationale de la main-d’oeuvre qui a été dévoilée en mai dernier et qui est dotée d’un financement de 1,3 milliard $.

«Cette stratégie est une feuille de route appuyée par toutes les parties prenantes du marché du travail - partenaires d’affaires, syndicats, groupes communautaires, milieu de l’éducation et organismes gouvernementaux – en vue de relever les défis de l’emploi», écrit le pdg du CPQ.

La Stratégie nationale de la main-d’oeuvre met de l’avant 47 mesures concrètes. Pour le CPQ et ses associations membres, trois priorités devraient apparaître en tête de liste de l’ordre du jour du gouvernement de la CAQ.

Il faut d’abord prendre les moyens pour que les entreprises disposent de suffisamment de travailleurs, notamment en luttant contre le décrochage, en facilitant l’accès des employeurs au recrutement international, en ciblant les travailleurs expérimentés et en développant une stratégie de recrutement et de rétention des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires.

Ensuite, il faut «accompagner les employeurs» en les aidant à affronter les nouvelles conditions du marché du travail.

Finalement, le CPQ affirme qu’il faut améliorer «la flexibilité et l’agilité dans le développement des compétences» par la révision de la gestion de l’offre de formation afin de l’assouplir et l’adapter aux réalités des régions, par la mise en place de projets d’apprentissage ou la mise en oeuvre de compétences en milieu de travail, en favorisant le développement de l’offre d’alternance travail-études.