Le fondateurs de LynX Inspection Luc Perron et Dominique Boutet

LynX Inspection: «J’ai coulé mon cours de retraité!»

En 2013, lorsqu’il a quitté sa chaise à la direction chez Optosécurité, l’entrepreneur Luc Perron souhaitait prendre davantage de temps pour lui. Il envisageait pour finir sa carrière un poste de consultant à temps partiel. «J’ai toutefois coulé mon cours de retraité!»

La pause aura été de trois ans.

Au printemps 2016, dans un garage, il a ressorti ses outils pour démarrer LynX Inspection avec son partenaire d’affaires, Dominique Boutet.

L’objectif premier de la jeune pousse de Québec était de créer une machine qui permettrait l’inspection à partir d’imagerie par rayon X de bouteilles de verre.

Une méthode pour déceler, entre autres, les défauts de fabrication.

«Dans le cadre de l’un de mes mandats de consultation pour une entreprise en France, j’avais proposé des solutions pour faire l’inspection de bouteilles de verre. Je m’étais basé sur mon expérience chez Optosécurité, mais l’idée n’a pas été retenue», raconte M. Perron.

Pas de problème! L’entrepreneur savait alors qu’il avait entre les mains une technologie qui pourrait plaire à d’autres industries.

Il vendait l’idée d’une machine qui permettrait d’analyser de façon «plus rapide et plus précise que ce qu’offrent les solutions actuelles» à la fois la structure interne et externe de pièces complexes, telles que les pièces moulées, usinées ou de fabrication additive.

Le secteur manufacturier leva, entre autres, la main.

À l’été 2017, à la recherche d’un partenaire pour poursuivre le développement de sa technologie, LynX Inspection installa ses pénates à l’Institut national d’optique (INO) dans le cadre du programme d’Entrepreneur en résidence.

Aujourd’hui, l’entreprise qui développe des solutions en vision numérique pour le marché de l’inspection industrielle est sur le point de commercialiser son produit. Une dizaine de cerveaux travaillent pour la compagnie.


« Nous visons comme principaux marchés ceux des pièces automobiles, de l’aéronautique et de la défense »
Luc Perron, cofondateur de LynX Inspection

Si tout se déroule selon le plan des fondateurs, une première vente devrait être concrétisée en 2019. Le prix de la machine oscillera entre 250 000 $ et 300 000 $.

«Nous visons comme principaux marchés ceux des pièces automobiles, de l’aéronautique et de la défense», explique M. Perron. «On parle ici de pièces de précision avec des besoins d’inspection assez détaillée», poursuit-il.

Un million de dollars

Pour appuyer sa croissance, Ange Québec, Ange Québec Capital, le Fonds InnovExport et ACET Capital ont récemment injecté un million de dollars dans l’aventure.

«Notre machine à rayons X scanne la pièce usinée et elle permet d’obtenir en deux ou trois minutes des résultats en 2D ou 3D, un peu comme la tomographie. On peut savoir rapidement s’il y a un défaut. L’idée est de pouvoir scanner plusieurs pièces en peu de temps», note M. Perron, précisant que plusieurs entreprises ont déjà cogné à sa porte durant le processus de développement.

Pour une question de compétition, l’homme d’affaires préfère taire le nom de ses potentiels clients.

«On parle actuellement avec plusieurs groupes industriels», dit celui qui a participé pour la deuxième fois de sa carrière au démarrage d’une entreprise avec l’INO. «Au mois de mars prochain, notre produit sera installé chez un partenaire en impression 3D du côté de Montréal. L’entreprise se servira de cette technologie pour faire l’inspection de ses pièces à l’interne. 

En même temps, cela va servir de vitrine technologique. D’autres compagnies pourront voir notre produit», poursuit l’homme de 58 ans.

Au cours des prochains mois, LynX Inspection prévoit se dénicher de nouveaux locaux à Québec. Des pourparlers sont en cours.

D’ici environ un an et demi, les effectifs pourraient doubler, estime la direction, si la demande est au rendez-vous.

«On ne parle pas ici de production massive, car un cabinet à rayons X c’est assez gros comme équipement. Cela pèse plus de 2000 livres. On ne vise pas une production en volume. C’est un produit spécialisé», répond M. Perron, qui a été «dans une autre vie» le premier employé chez Optosécurité. Une entreprise fondée en 2003 par l’entrepreneur Éric Bergeron. Elle se spécialise dans la détection des menaces.

Optosécurité a été vendue en 2017 à Vanderlande, une multinationale néerlandaise.

LynX Inspection est la 34e entreprise à voir le jour en collaboration avec l’INO.