Milad Doueihi, titulaire de la Chaire Québec 3.0 et Denis Brière, recteur de l'Université Laval, lors de l'annonce, jeudi.

L'Université Laval lance une chaire de recherche sur le numérique

L'univers du numérique est en effervescence partout sur la planète. Ce n'est donc pas sans raison que l'Université Laval lançait hier sa Chaire Québec 3.0 sur les cultures numériques avec le professeur-chercheur Milad Doueihi, spécialiste mondial des questions liées au numérique, qui a choisi de s'établir dans la capitale.
Le numérique, ce n'est pas qu'une question de technologie, mais le professeur Doueihi y voit les rapports des citoyens avec le monde de la politique, les nouvelles manières d'exercer la démocratie.
Les jeunes générations, habituées à l'immédiateté de l'univers numérique, s'attendent à pouvoir exprimer leurs opinions ou exposer leurs projets sur-le-champ en dehors des assemblées publiques traditionnelles tout autant qu'ils veulent obtenir des réponses aussi rapidement. Les rapports avec les environnements politiques et urbains changent.
Ce sont donc les dimensions humaines, sociales, économiques et culturelles qui seront regardées à la loupe par l'équipe de chercheurs. Même les rapports intergénérationnels dans le cadre familial sont touchés et transformés par l'avènement de l'univers numérique. La relation dans le monde numérique n'est pas une relation classique, mais il s'agit d'une relation, affirme
M. Doueihi.
Et le monde économique est touché par le numérique. Cela se traduit par quelques centaines d'entreprises, en près de 3000 emplois et quelques centaines de millions en chiffre d'affaires annuel. Les modèles d'affaires seront étudiés pour aider les chefs d'entreprise à prendre le virage numérique.
On songe même à des formations pour les décideurs en lien avec les analyses de l'évolution technologique et son influence dans l'économie.
Même l'aspect culturel du numérique sera l'objet de recherche spécifique, puisque les arts numériques et le divertissement interactif jouent un rôle important.
Technoculture
Pour la conseillère municipale Julie Lemieux, la création de cette chaire est un autre jalon dans l'histoire de Saint-Roch que la Ville veut transformer en haut lieu de la technoculture. Elle souhaite que la notoriété du professeur Doueihi attire d'autres chercheurs de calibre international dans la capitale.
Le financement du programme de cette chaire de recherche, qui vient du Fonds de l'innovation de la région de la Capitale-Nationale, pourra atteindre un maximum de 375 000$ sur trois ans.
La Ville de Québec contribue également pour un montant de 295 000$ et le Bureau de la Capitale-Nationale, pour un montant de 80 000$.
Une somme de 385 000$ vient de l'appui d'autres partenaires et de l'Université Laval qui investira 220 000$. Le financement total de 980 000$ sur trois ans pourrait augmenter en fonction des ententes découlant de la programmation de Québec 3.0.