Les 28 pays de l’Union européenne ont adopté mardi une liste noire de 17 paradis fiscaux exerçant leurs activités hors de leurs frontières.

L’Union européenne se dote d’une liste noire des paradis fiscaux

BRUXELLES — Les 28 pays de l’Union européenne (UE) ont adopté mardi une liste noire de 17 paradis fiscaux exerçant leurs activités hors de leurs frontières, une première pour l’UE, assortie de sanctions jugées cependant insuffisamment dissuasives par les ONG.

Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Émirats arabes unis, Grenade, Guam, Îles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte-Lucie, Trinité-et-Tobago et la Tunisie figurent sur cette liste décidée par les 28 ministres des Finances de l’UE, lors d’une réunion à Bruxelles.

«Je rejette l’inscription arbitraire et discriminatoire du Panama sur la liste des paradis fiscaux de l’Union européenne», a protesté via Twitter Dulcidio De La Guardia, ministre de l’Économie et Finances de cet État au cœur d’un des plus retentissants scandales récents d’évasion fiscale, les «Panama Papers».

Jusqu’au dernier moment, la liste noire de l’Union européenne a fait l’objet de tractations entre les 28 États membres, qui devaient, conformément aux règles européennes sur les questions fiscales, s’entendre à l’unanimité sur les pays «blacklistés».

En outre, les ministres de l’UE se sont entendus sur une «liste grise» de 47 pays qui ont pris des engagements de bonne conduite en matière fiscale et feront l’objet d’un suivi.

Ainsi, le Maroc et le Cap-Vert auraient pu se retrouver sur la liste noire, mais après des discussions en matinée, ils se sont retrouvés sur la liste grise, a précisé une source européenne.

Également sur cette liste grise : la Suisse, la Nouvelle-Calédonie, les petites îles liées au Royaume-Uni — Guernesey, Jersey et Man —, Andorre et le Liechtenstein.