Sophie d’Amours, rectrice de l’Université Laval, et Sophie Brochu, présidente d’Énergir, étaient fières jeudi d’annoncer «un accord qui est tourné vers l’avenir».

L'UL adopte le gaz naturel renouvelable

L’Université Laval fait un pas de plus dans sa lutte contre les changements climatiques et pour diminuer son empreinte écologique. L’établissement a conclu une entente avec Énergir pour s’approvisionner en gaz naturel renouvelable dans le but d’alimenter une partie de son système de chauffage : une première pour une institution d’enseignement au Québec.

En vigueur depuis septembre dernier, ce contrat permettra à l’Université de remplacer un million de mètres cubes, ou 8 %, de la consommation annuelle de gaz naturel d’origine fossile en gaz naturel renouvelable. Celui-ci est produit à partir de matières organiques résiduelles comme des restes de table.

«L’effet combiné, juste dans la logique de l’empreinte écologique, est incroyable, souligne la rectrice, Sophie D’Amours. D’une part, utiliser une ressource qui se renouvelle continuellement. D’autre part, substituer l’énergie fossile. Lorsqu’on inclut ça, comme on l’a fait à l’Université Laval, dans une Stratégie globale énergétique où on utilise tous nos leviers, […] là on arrive à aller chercher des gains significatifs.»

Économies de 100 000$

Le partenariat avec Énergir, connu jusqu’à récemment sous le nom de Gaz Métro, permettra de développer un projet de recherche, dont le cadre reste toujours à déterminer, sur le gaz naturel renouvelable et la valorisation de la biomasse forestière.

Sophie D’Amours se réjouit que son établissement puisse s’inscrire en exemple dans ce contexte. Faire la démonstration qu’une institution comme l’Université Laval, qui compte 154 édifices dans la province, est capable de le faire, ça montre que tout le monde peut y arriver, dit-elle.

La rectrice n’écarte pas la possibilité de bonifier la quantité de gaz naturel renouvelable prévu pour l’instant dans l’entente. «On apprend à marcher et après à courir et après à faire des marathons, donc là, on s’inscrit dans cette démarche-là.»

Pas assez de production

La présidente et chef de la direction d’Énergir, Sophie Brochu, a quant à elle vanté «un accord qui est tourné vers l’avenir» puisque comme l’Université Laval, de plus en plus d’entreprises et d’institutions choisissent le gaz naturel renouvelable pour se chauffer.

«Les gens commencent à comprendre tout le potentiel sous-jacent au gaz naturel vert renouvelable, alors c’est une belle affaire», dit-elle.

Le seul problème, s’il en est un, c’est qu’il n’y a présentement qu’une seule usine de transformation des matières organiques en gaz naturel (biométhanisation) au Québec, à Saint-Hyacinthe. 

Celle-ci n’est pas en mesure de répondre à la demande par rapport à la capacité de produire.

«Le jour où on aura de plus en plus de production de gaz naturel vert renouvelable, le marché va être en mesure d’être complètement servi. Aujourd’hui, notre contrainte, c’est pas la demande du marché. Aujourd’hui, c’est la production», explique Mme Brochu.

L’entreprise répond actuellement à moins de 1 % de la demande pour cette énergie dite concurrentielle avec les autres formes d’énergies renouvelables, «mais veut atteindre 5 % le plus vite possible».

Pour augmenter sa production, Énergir dit travailler fort avec les agriculteurs québécois pour développer une filière agricole. «On va travailler avec l’Université Laval au développement d’une technologie avec la biomasse forestière», conclut-elle.

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Entente et attente pour la biométhanisation

Énergir semble toujours dans le coup pour l’achat de gaz naturel éventuellement produit par l’usine de biométhanisation prévue à Québec pour 2022 au coût de 125 millions $.

Sans donner de détails, Sophie Brochu est toujours confiante de voir le projet aboutir. «Je pense que ça avance. On a des bonnes discussions, très constructives, avec la Ville de Québec. 

Maintenant, ça appartient à la Ville de faire ses annonces, mais on travaille de manière très constructive avec eux.» La présidente d’Énergir affirme que la Ville doit prendre son temps puisque «ce n’est pas quelque chose qui a beaucoup été fait à grande échelle». «Je sens présentement que la Ville de Québec le fait avec beaucoup d’intelligence et de prudence et nous, on les appuie là-dedans.»

En 2012, la Ville avait signé une entente de principe avec Gaz Métro (aujourd’hui Énergir) selon laquelle Québec toucherait 1,1 million $ par an pour le gaz produit par son usine alors prévue pour 2014. Le projet, rebaptisé depuis Centre de récupération des matières organiques (CRMO), a toutefois connu plusieurs modifications et reports depuis.