Le pdg du Centre des congrès, P. Michel Bouchard, considère qu'un salon de jeux de Loto-Québec n'a pas sa place dans le Vieux-Québec.

Ludoplex dans le Vieux-Québec: une nuisance pour les congrès

Un salon de jeux dans le Vieux-Québec devrait être situé le plus loin possible du Centre des congrès. On risquerait sinon de perdre la tenue d'événements.
«Chose certaine, nous, on n'a pas de place.» La phrase résume bien la pensée du président-directeur général du Centre des congrès de Québec, P. Michel Bouchard, dans l'éventualité où Loto-Québec voudrait déménager son salon de jeux dans le Vieux-Québec.
Si la société d'État n'a pas encore fait connaître ses intentions sur l'endroit où elle pourrait déménager ses installations d'ExpoCité, la Direction de santé publique lui a suggéré de s'installer dans le Vieux-Québec.
Une bonne idée? Pas tant, soutient M. Bouchard. «Ça dérange beaucoup les congressistes, laisse-t-il tomber. Certaines associations se sont même dotées d'un code d'éthique. La trop grande proximité d'un casino ou d'un salon de jeux du lieu où se déroule un congrès est mal vue. À la limite, on pourrait dire qu'un casino trop près du Centre des congrès peut nuire. Ça pourrait empêcher d'avoir certains événements», explique-t-il.
«C'est fini les rencontres où il y avait 20 minutes de congrès et trois jours de divertissement, poursuit le pdg. Les gens sont pressés. Il faut que l'amusement soit accessoire. Il y a aussi une question de conformité pour les remboursements aux fins d'impôts.»
D'autre part, il considère utopique de penser que le Manège militaire pourrait servir de nouveau toit au salon de jeux, comme l'ont évoqué certains acteurs du milieu des affaires dans Le Soleil de lundi. «C'est le siège du bâtiment des Voltigeurs. C'est un bâtiment fédéral. J'en ris encore. En fait, le problème semble être qu'il n'y a pas d'emplacement», évoque-t-il.
Toujours lundi, l'Association des gens d'affaires du Vieux-Québec et celle de Place-Royale/Vieux-Port disaient accueillir favorablement l'idée d'un salon de jeux dans leur cour. Si elle n'a rien contre cette éventualité, la Société de développement commercial du centre-ville de Québec (Nouvo Saint-Roch) émet tout de même quelques réserves.
Zone d'exclusion «inquiétante»
«Je trouve ça inquiétant dans l'éventualité que soit maintenue une zone d'exclusion de 2,3 kilomètres, soulève Catherine Raymond, directrice générale de l'organisme. S'il y avait un salon de jeux dans le Vieux-Québec, il y a de fortes chances que certains de nos membres seraient touchés.» C'est dire que Loto-Québec retirerait les appareils de loterie vidéo des établissements situés dans un rayon de 2,3 km d'un salon de jeux.
«Avec le jeu en ligne, c'est comme s'il y avait des appareils dans tous les foyers. Dans ce contexte, la zone d'exclusion est vétuste. Ça ne justifie plus cette manière de faire», déplore Mme Raymond.
De plus, la directrice ne pense pas que la présence d'un salon de jeux dans le Vieux-Québec soit un avantage pour la capitale. «Ça ne bonifiera pas l'offre touristique de façon magistrale», conclut-elle.