L’entreprise de Lévis LR Tech a récemment décroché trois nouveaux contrats d’une valeur totale de 2,5 millions $ avec le ministère de la Défense nationale du Canada.

LR Tech: la NASA et l'ASC cognent à la porte

Dans le secteur de la haute technologie, même si elle a collaboré sur certains projets de la NASA, LR Tech a longtemps été une inconnue (ou presque) en sol canadien. Aujourd’hui, le vent a tourné. Elle a des «antennes» à travers le pays.

L’entreprise de Lévis, spécialisée dans la fabrication de spectromètres, a récemment décroché trois nouveaux contrats d’une valeur totale de 2,5 millions $ avec le ministère de la Défense nationale du Canada, plus précisément avec sa division Recherche et développement. 

L’Agence spatiale canadienne (ASC) a aussi fait appel au cours de la dernière année aux services de LR Tech. Cette dernière développe, entre autres, des instruments pour mesurer la pression atmosphérique et analyser des signatures infrarouges de cibles militaires. 

Pour l’ASC, la compagnie de la Rive-Sud a mis au point une sonde permettant d’étudier le vortex polaire. Les données fournies par cet instrument serviront à développer la prochaine génération de sondeur atmosphérique opérant à partir de plateformes satellites.

«Notre technologie a été intégrée à un appareil qui a été développé à l’Institut National d’Optique», indique au Soleil Luc Rochette, président et fondateur de LR Tech. «Si le projet va bien, nous prévoyons déployer jusqu’à dix unités de ces sondeurs dans le Grand Nord. Beaucoup de scientifiques à travers le monde vont se servir de ces données. C’est vraiment un beau contrat qui peut générer beaucoup de travail», poursuit le chercheur, qui a fait ses classes comme plusieurs dans le domaine chez Bomem. Une compagnie de Québec qui était passé en 1999 dans le giron d’ABB Canada.

M. Rochette a travaillé une quinzaine d’années dans le domaine de la spectroscopie chez Bomem, dont cinq années au pays de Donald Trump. Il a quitté l’organisation en 2000. 

Durant plusieurs années, le principal terrain de jeu de LR Tech a justement été les États-Unis. Avant l’ère Trump, environ 80 % du chiffre d’affaires de l’entreprise de Lévis, qui oscille aujourd’hui aux alentours de 3 millions $, provenait de nos voisins du Sud. 

Comme partenaire d’affaires chez l’Oncle Sam, LR Tech compte la NASA LaRC, soit la division de recherches de l’agence spatiale américaine. Elle brasse aussi des affaires avec le Département de l’Énergie et le Département de la Défense.

«Avec la NASA, notre instrument de mesure est installé sur un avion de type U-2 [version de recherche ER-2] qui va à 80 000 pieds d’altitude. Cela sert à dresser les profils atmosphériques. On regarde les constituants de l’atmosphère et les températures par couche d’altitude. Nous réalisons également l’analyse des premières données», explique l’homme d’affaires à la tête d’une dizaine de travailleurs. Comme plusieurs compagnies, il est présentement à la recherche de nouveaux talents, notamment des ingénieurs en électronique. 

Besoin de talents

Incapable de pourvoir certains postes, l’an dernier, il a été contraint de regarder du côté des États-Unis pour répondre à ses besoins. Il a demandé l’aide de sous-traitant. 

«Ce n’était pas l’idéal», concède-t-il. «Nous sommes aussi allés chercher un scientifique à Madagascar afin de pourvoir un poste spécialisé en intelligence artificielle. Un marché que nous visons dans un avenir rapproché», poursuit-il.

La nomination comme président de Donald Trump et le changement de certaines politiques américaines ont «bousculé» les plans de la direction. L’an dernier, c’était en Asie — environ 50 % des ventes — où les affaires étaient les plus florissantes. 

À titre d’exemple, l’entreprise a récemment livré en Chine des capteurs qui permettront aux pompiers de connaître rapidement les compositions chimiques des émanations lors de feu dans des zones industrielles. 

«Avant le changement d’administration aux États-Unis, j’avais déjà commencé à développer le marché de l’Asie, principalement en Corée et en Chine. Aujourd’hui, je fais surtout affaire dans ces pays et principalement dans le domaine relié à l’aérospatiale. La Chine a vraiment pris conscience du problème environnemental qu’elle a. Je collabore sur un programme qui vérifie l’échange d’énergie entre l’océan et l’atmosphère ainsi que la migration des composantes atmosphériques polluantes de l’ouest vers l’est», raconte M. Rochette. «Pour l’Asie, si nos produits remportent un succès, il pourrait y avoir une forte demande», poursuit-il. 

Fondée en 2003, LR Tech envisage maintenant de déménager ses pénates dans de nouveaux locaux afin de répondre à la croissance de l’entreprise. Le carnet de commandes ne dérougit pas.