La famille Garneau au grand complet a participé, lundi, à l'annonce de l'agrandissement de l'usine de Derby en présence du gouverneur de l'État du Vermont, Peter Shumlin. Dans l'ordre, William Garneau, Louis Garneau, Peter Shumlin, Monique Arsenault, Édouard Garneau et Victoria Garneau.

Louis Garneau Sports investit 8 millions $ aux États-Unis

Ayant pignon sur rue aux États-Unis depuis déjà un peu plus d'un quart de siècle, Louis Garneau Sports consolide sa présence au sud de la frontière par un investissement de 8 millions $US à Derby, au Vermont.
L'érection d'un nouveau bâtiment de 60 000 pieds carrés - pratiquement le double de la superficie actuelle de l'immeuble de Louis Garneau USA à Newport - débutera dès les premiers jours d'août. Le déménagement, de Newport vers Derby, des activités de production, de distribution, de marketing et d'administration de la filiale de Louis Garneau Sport au pays de Barack Obama devait être complété au cours de la prochaine année.
D'ici cinq ans, entre 20 et 25 nouveaux postes s'ajouteront à l'équipe actuelle de 90 travailleurs de Louis Garneau USA.
«Nous avons acheté le terrain de 760 000 pieds carrés il y a deux ans», racontait lundi au Soleil Louis Garneau, sur le chemin du retour vers Québec. «Il est fort bien situé aux abords de l'autoroute 91 et de la route 5. En raison de l'état de santé de l'économie américaine, nous avons hésité, l'an dernier, à passer à l'action. Après avoir bien évalué nos stratégies, nous avons choisi, cette année, d'attaquer, et de déménager nos installations pour soutenir notre croissance en sol américain qui profite d'un bel élan depuis cinq ans. Il faut dire qu'en affaires et en compétition, j'ai toujours préféré passer à l'attaquer que d'être attaqué!», confiait l'ancien champion cycliste devenu entrepreneur.
Tout n'étant pas négatif, l'état encore chancelant de l'économie américaine a permis à Louis Garneau USA de profiter de conditions d'investissement intéressantes. L'entreprise a pu bénéficier d'un prêt de 1,5 million $US du Vermont Economic Developpment Authority afin d'appuyer son projet d'expansion.
Commercer avec les Américains
En se levant, un bon matin, en 1987, Louis Garneau a dit à sa conjointe Monique Arsenault qu'il s'en allait de ce pas au Vermont pour entreprendre des démarches en vue de l'ouverture d'une usine. La compagnie Louis Garneau USA était incorporée cette année-là. Dans un petit local à Montpelier, Louis Garneau vendait ses premiers produits aux Américains. Deux ans plus tard, l'usine de fabrication de Newport était inaugurée.
«J'avais compris, à l'époque, que si tu voulais faire des affaires aux États-Unis - le plus grand marché au monde - il fallait que tu sois présent aux États-Unis. Les Américains veulent commercer avec des Américains. Ils veulent être en mesure de commander un produit et de le recevoir le lendemain matin, par Fedex, sans passer par les douanes. Même si le libre-échange entre le Canada et les États-Unis existe, les procédures sont souvent jugées trop longues.»
Louis Garneau a signalé que son entreprise avait le vent dans les voiles chez nos voisins du sud.
«Nos produits sont disponibles dans plus de 2000 points de vente», a-t-il signalé, en précisant que l'on voyait même en Floride autant - sinon plus - de cyclistes portant des vêtements et des accessoires Louis Garneau qu'au Québec. «Notre prochaine offensive se fera du côté de la Californie.»
Pas à vendre
Louis Garneau avait choisi de s'implanter dans le nord-ouest du Vermont, car il pouvait y dénicher une main-d'oeuvre qualifiée. Cette région comptait, il n'y a pas si longtemps encore, plusieurs fabricants de vêtements. Trois joueurs importants ont récemment fermé les livres.
Louis Garneau a profité de l'annonce d'hier pour rassurer ses travailleurs américains.
«Je tenais à leur dire que nous n'étions pas à vendre. Tous les mois, il y a des investisseurs américains qui se pointent dans l'intention de nous acheter. Mon objectif est de travailler à long terme et d'impliquer la nouvelle génération de Garneau dans l'entreprise.»
Pour l'occasion, le paternel et sa conjointe étaient accompagnés, hier, par leur progéniture, William, Édouard et Victoria. William, qui oeuvre maintenant au sein de l'entreprise, a fait ses études au St Michael's College de Burlington. Édouard complétera les siennes au même endroit l'an prochain. «J'ai mentionné aux employés qu'il y aurait une deuxième génération à la tête de l'entreprise.»
Saint-Augustin, le «château fort»
Au Soleil, l'homme d'affaires a tenu à préciser que l'investissement de 8 millions $US ne se faisait pas au détriment de l'usine de Saint-Augustin-de-Desmaures, qui demeure le «château fort» de Louis Garneau Sports. «Plus le marché américain se fera fort, plus les retombées seront intéressantes pour Québec», a martelé Louis Garneau.
La compagnie mère fournit un gagne-pain à 260 personnes au Canada. Les filiales aux États-Unis, au Mexique et en Chine font travailler respectivement 90, 86 et 6 personnes.