Le directeur du développement des affaires chez Opsens, Charles Leduc, et le capteur à fibre optique dévéloppé à Québec

L'or noir russe à la portée d'Opsens

En Russie, Opsens se sent un peu comme un bambin dans un magasin de bonbons!
La compagnie de Québec fabrique des capteurs à fibre optique qui sont utilisés pour mesurer la température et la pression à l'intérieur d'un puits de pétrole afin d'optimiser le rendement des procédés d'exploitation des ressources souterraines.
Et la Russie, c'est l'un des principaux producteurs de pétrole et de gaz de la planète. Ces deux sources d'énergie représentent près de la moitié des revenus du budget de la Fédération de Russie.
L'an dernier, la production de pétrole dans ce pays a atteint 523,3 millions de tonnes, soit le plus haut niveau depuis la chute de l'URSS. 523,3 millions de tonnes d'or noir, c'est l'équivalent d'un peu plus de 10 millions de barils par jour. À titre comparatif, l'Arabie Saoudite en produit neuf millions et le Canada, trois.
«Et contrairement au Moyen-Orient où il suffit pratiquement de creuser un trou pour que le pétrole jaillisse du sol, il faut recourir en Russie à des techniques de récupération assistée afin d'accroître les quantités d'hydrocarbure extraites d'un gisement. Ça nécessite des systèmes qui permettent de capter différentes données, dont la pression et la température à l'intérieur d'un puits», enseigne Charles Leduc, directeur du développement des affaires chez Opsens.
Percée récente
Déjà présente en Alberta, Opsens a fait ses premiers pas en Russie il y a un peu plus d'un an. Elle y a conclu une entente avec une entreprise spécialisée dans l'instrumentation des puits qui vend les capteurs à fibre optique fabriqués à Québec à des géants comme Lukoil et Gazprom, en plus de les installer.
«Ça démarre lentement, mais le potentiel en Russie pour une entreprise comme la nôtre est énorme», affirme Charles Leduc.
C'est en multipliant des contacts, en publiant des articles dans les revues spécialisées, en recourant à des entremetteurs et en participant à une mission commerciale organisée par le gouvernement du Québec qu'Opsens est parvenue à percer le marché russe. «Il s'agit d'un marché assez spécial», confie M. Leduc.
«Très peu de nos vis-à-vis parlent l'anglais. Il nous faut être accompagnés par un interprète. Ça brime un peu notre spontanéité. De plus, les Russes ne sont pas très expressifs. Il est très difficile de savoir ce qu'ils pensent vraiment. Ça peut prendre un certain temps avant de casser la glace. Une fois cette étape franchie, ça va bien. Et après trois ou quatre verres de vodka, tout baigne dans l'huile!»