Le premier ministre britannique Boris Johnson a visité un laboratoire, dimanche.

Londres fixe ses lignes rouges dans ses négociations commerciales avec Washington

LONDRES — Le Royaume-Uni a dit dimanche vouloir conclure un accord de libre-échange «ambitieux et complet» avec les États-Unis, tout en préservant son système public de santé et en maintenant des normes alimentaires «élevées».

Un mois après sa sortie de l'Union européenne fin janvier, le gouvernement britannique doit détailler lundi ses objectifs en vue de la conclusion d'un accord commercial avec Washington, dont les négociations devraient démarrer en mars.

Le ministère du Commerce international a dit dans un communiqué s'attendre à un coup de fouet de 3,4 milliards de livres (près de 6 milliards $CAN) pour l'économie britannique s'il parvient à s'entendre avec son «plus grand partenaire commercial bilatéral».

Mais il fixe aussi ses lignes rouges : le système public de santé (NHS), gratuit et chéri des Britanniques, «n'est pas à vendre», et des normes élevées devront être maintenues en matière de sécurité alimentaire et de bien-être animal.

Le gouvernement fait ainsi référence aux craintes de voir du poulet au chlore ou du bœuf aux hormones américains arriver au Royaume-Uni, ainsi qu'aux accusations de l'opposition travailliste qui lui reproche de vouloir privatiser le NHS.

«Nous allons être fermes pour stimuler l'industrie britannique», a dit le premier ministre conservateur Boris Johnson dans le communiqué.

«En échangeant du saumon fumé écossais contre des chapeaux Stetson, nous offrirons des prix plus bas et plus de choix» pour les consommateurs britanniques, s'est-il aussi réjoui.

Parallèlement aux discussions avec Washington, Londres entame lundi de difficiles négociations avec l'Union européenne pour tenter de définir, d'ici à la fin de l'année, leur future relation après le Brexit.

Le gouvernement, qui vise à couvrir 80 % du commerce extérieur britannique par des accords de libre-échange d'ici à 2022, a précisé qu'il détaillerait «bientôt» ses objectifs de négociations avec l'Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande.