Au total, le projet d'agrandissement de l'usine gaspésienne de LM Wind Power Canada visant principalement à accroître la capacité de production de l'usine est estimé à plus de 12 millions.

LM Wind Power a le vent en poupe

Il y a moins d'un an, les 185 employés de LM Wind Power à Gaspé craignaient la fermeture de leur usine de pales d'éoliennes, faute de contrats. Aujourd'hui, l'entreprise investit dans un agrandissement de 12 millions $ afin d'approvisionner le marché américain. Et au début de 2018, ils seront 450 à travailler dans ses murs.
La superficie de l'usine augmentera de 40 %, soit de 2700 mètres carrés, a annoncé vendredi la multinationale danoise. Des travaux d'excavation ont démarré en novembre. La production doit commencer fin juin dans la nouvelle partie.
Entre juillet 2016 et début 2018, 265 emplois seront créés. Avec 450 travailleurs, LM Wind Power deviendra le plus gros employeur privé de la Gaspésie. 
De nouveaux employés sont embauchés depuis l'automne. Ils sont actuellement 300 à se répartir sur deux quarts de travail, sept jours sur sept. Ces temps-ci, l'usine intègre une quinzaine de nouveaux travailleurs par semaine.
Québec prête 4,3 millions $ à l'entreprise pour son agrandissement et subventionnera la formation des employés à hauteur de 1,4 million. Trois ministres, dont la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, étaient à Gaspé vendredi pour l'annoncer.
100 % exportation
«Le marché américain a besoin de pales. Cent pour cent de notre production part vers les États-Unis», dit Alexandre Boulay, le directeur de l'usine, qui refuse de donner plus de détails sur les contrats.
Depuis le 19 septembre, les employés de Gaspé fabriquent des pales de 42 mètres pour General Electric. Elles remplaceront les composants en fin de vie utile sur des éoliennes déjà érigées aux États-Unis, notamment au Texas.
L'exportation permettra de maintenir l'usine «pendant plusieurs années», indique M. Boulay. «On aimerait bien le retour du marché domestique au-delà de cinq ans», ajoute-t-il.
La politique énergétique de Québec ne prévoit pas de nouveaux parcs éoliens avant que les surplus d'Hydro-Québec aient diminué. Cette annonce au printemps avait plongé LM dans l'incertitude. 
Le président-directeur général de LM Wind Power, Marc de Jong, était présent à l'annonce par vidéoconférence. Il a lancé ce message aux ministres présents : «J'espère que vous nous aiderez à créer des projets éoliens au Canada et particulièrement au Québec. C'est essentiel pour le futur à très long terme de notre usine.»
Par train
Les pales de LM sont acheminées par camion jusqu'à New Richmond, puis chargées sur des wagons vers leur destination. «On est à 250 kilomètres des rails. Si c'était plus près, ce serait un avantage compétitif», dit M. Boulay.
Le tronçon Matapédia-Gaspé n'est en service que sur son premier tiers. Des élus et des gens d'affaires de la Gaspésie demandent au propriétaire de la voie, Transports Québec, d'investir les fonds nécessaires pour rendre la voie fonctionnelle jusqu'à Gaspé.
Du recrutement pendant le Bye bye
LM Wind Power a reçu des centaines de CV depuis la mi-­décembre, le début de sa campagne de publicité à la grandeur du Québec. Le message «Nous embauchons» de LM a même pu être vu pendant le Bye bye 2016.
Martin Laflamme avait déjà répondu présent à la première vague d'embauche, à l'automne. À l'emploi de l'usine de pales depuis le 24 octobre, l'homme originaire de Pointe-Jaune en Gaspésie a quitté son occupation d'ébéniste à Québec pour revenir au bercail. Sans l'emploi chez LM, «je serais encore à Québec», dit-il. 
L'usine cherche surtout des travailleurs à la production. En ce moment, 80 % des employés de LM sont originaires du secteur entre Grande-Vallée et Chandler, soit un rayon de 100 kilomètres autour de Gaspé. 
«On cherche des gens qui veulent venir en région, mais on pense qu'il y a encore des gens à recruter dans le local», dit le directeur de l'usine, Alexandre Boulay. Le taux de chômage en Gaspésie était de 13,7 % dans les trois derniers mois de 2016.