Les pales fabriquées à l'usine de Gaspé dans les prochains mois seront exportées vers les États-Unis.

LM Wind Power a le vent dans les voiles

L'usine de pales d'éoliennes LM Wind Power de Gaspé crée 85 emplois en plus des 200 existants pour honorer un contrat aux États-Unis. Cette signature assure le maintien de l'usine «pour plusieurs années», indique l'entreprise.
En mars, la décision de Québec de ne pas commander de nouveaux parcs éoliens à court terme avait jeté une douche froide sur Gaspé, où LM est l'un des principaux employeurs. La direction cherchait un contrat d'exportation pour remplir son carnet de commandes, comblé surtout par des parcs québécois ces dernières années.
Le directeur de l'usine, Alexandre Boulay, a confirmé mardi l'obtention d'un contrat «qui assure la pérennité de l'usine pour plusieurs années». Il a été avare de détails «pour des raisons de concurrence». Selon nos informations, LM construira des pales de 42 mètres pour le turbinier GE. Elles remplaceront des pales en fin de vie utile sur des éoliennes déjà érigées, notamment au Texas. 
M. Boulay a salué «la flexibilité des employés», «décisive» pour l'obtention du contrat. Les syndiqués ont accepté de modifier leur horaire de travail pour que l'usine fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Cette concession des employés permet à l'usine d'être «plus compétitive», dit le directeur.
LM est en train de construire un centre de formation en annexe à son usine pour enseigner à ses 85 nouveaux employés et qu'ils s'exercent. Leur embauche devrait être terminée en septembre.
La fabrication des pales à exporter commencera le 19 septembre. Ces derniers mois, les employés ont construit des pales de 55,8 mètres avec système de dégivrage destinées au parc des Micmacs et d'Innergex dans l'arrière-pays de la Baie-des-Chaleurs.
Port ou chemin de fer
C'est le client, et non LM, qui décidera du moyen de transport des pales jusqu'au centre des États-Unis. «Le port de mer est un incontournable, accessible à l'année longue, mais il y a aussi le chemin de fer», a commenté M. Boulay.
Les pales doivent parcourir quelques kilomètres sur des camions, via des tronçons fréquentés des routes 132 et 198, pour rejoindre le port de Sandy Beach et la voie ferrée. 
Ville de Gaspé travaille à un projet de nouvelle route pour faire la jonction entre l'usine et le port. «Il y a une grosse montagne à traverser, je ne promets rien», a dit le maire Daniel Côté.
L'exportation de pales pourrait faire la preuve que la voie ferrée doit être mise à niveau, a ajouté le maire. Québec, propriétaire du chemin de fer, est réticent à investir sur le tronçon Port-Daniel-Gaspé, arguant que le volume de clients doit être suffisant.