D’ici trois ans, l’enseigne Miniso projette détenir 500 magasins au pays, dont plus d’une trentaine au Québec. Dernièrement, elle a ouvert sa première boutique du côté de Montréal, sur la rue Sainte-Catherine.

L’invasion des détaillants asiatiques

Alors que plusieurs joueurs du commerce de détail éprouvent des difficultés financières, différents détaillants asiatiques, comme Uniqlo, Muji et Miniso, en profitent pour augmenter leur emprise à travers le Canada.

D’ici trois ans, l’enseigne Miniso projette détenir 500 magasins au pays, dont plus d’une trentaine au Québec. Dernièrement, elle a ouvert sa première boutique du côté de Montréal, sur la rue Sainte-Catherine.

Pour la Capitale-Nationale, le responsable de Miniso pour la province, Jim Lelidis, indique n’avoir aucune date d’ouverture. Il avoue toutefois que le détaillant souhaite y établir ses pénates d’ici 2021. Des pourparlers sont en cours.

«Miniso n’a pas encore de plan pour la Ville de Québec. Mais, est-ce que c’est une possibilité? Certainement», se contente-t-il de répondre, préférant ne pas fournir davantage d’information sur la stratégie de croissance de l’entreprise.

Le détaillant chinois, qui offre différents articles à des prix abordables comme des produits ménagers, des produits de beauté, des vêtements et des articles électroniques, est présent au Canada depuis seulement un an. Le premier petit de la famille avait ouvert ses portes du côté de Vancouver. 

Selon la direction, l’enseigne, qui détient aujourd’hui plus d’une trentaine de magasins répartis en Colombie-Britannique (14), en Alberta (4), en Ontario (11) et au Québec (2), devrait compter une centaine de points de vente d’ici la fin de l’année.

Afin de répondre à ses besoins logistiques, Miniso prévoit ouvrir des centres de distribution à Vancouver et à Toronto, selon le site spécialisé Retail Insider. L’objectif des patrons est d’ouvrir 10 000 magasins dans le monde d’ici 2020, soit environ 100 nouvelles succursales par mois.

Stratégie salutaire

Pour Yan Cimon, professeur agrégé à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, la stratégie agressive de Miniso pourrait s’avérer très salutaire. Il concède qu’il s’agit de l’une des expansions les plus agressives pour un détaillant au Canada depuis plusieurs années.

«C’est majeur comme expansion. Ils sont agressifs partout à travers le monde. C’est un peu la stratégie du rouleau compresseur. Ouvrir 500 magasins en trois ans sur le marché canadien, ce n’est pas impossible. La maison mère a les poches profondes», souligne-t-il. «C’est une bonne idée de faire une expansion nationale. Il y a un marché pour ces produits. Le détaillant pourrait faire mal à des bannières comme Ardène et Dollarama pour certains items», poursuit l’expert du commerce de détail.

Selon M. Cimon, contrairement au détaillant Target qui n’a pas su répondre aux attentes des consommateurs, on connaît la fin d’histoire, Miniso mise sur une plus grande «agilité» dans son plan d’expansion. 

«Ce ne sont pas d’énormes succursales. Ce sont des magasins de format assez réduit. Cela fait que le modèle peut être répliqué plus facilement», analyse le professeur. «Ils sont aussi probablement très bien branchés avec des fournisseurs. En matière de coût, ils sont capables d’être concurrentiels».

Quant au détaillant de mode japonais Uniqlo, présent au Canada depuis 2016, la compagnie prévoit ouvrir quatre succursales cet automne, dont trois à Toronto. D’ici la fin de l’année, l’enseigne qui n’a toujours pas un pied à terre au Québec devrait compter plus de 10 magasins au pays. En 2016, le fondateur et PDG, Tadashi Yanai, avait déclaré au Globe & Mail qu’il pourrait ouvrir jusqu’à 100 magasins à travers le Canada, rappelle un article du site Retail Insider.

Mentionnons qu’en 2017, Uniqlo avait manifesté de l’intérêt pour ouvrir une boutique à Montréal.

«Ce n’est pas nécessairement un mauvais moment pour investir au Canada. Il y a beaucoup de pieds carrés de disponibles à des prix raisonnables étant donné les difficultés du marché», estime M. Cimon. «Les détaillants asiatiques ont les moyens de leurs ambitions. Ils ont aussi souvent des relations privilégiées avec certains fournisseurs dans leur chaîne d’approvisionnement. Ce qui leur permet de mieux gérer leur structure de coûts. [...] Dans le cas d’Uniqlo, l’un de ses concepts forts est le mix and match. L’idée est de faire des combinaisons originales [avec par exemple une chemise et un pantalon]. D’autres chaînes de vêtements préfèrent plutôt vendre des ensembles déjà créés», ajoute-t-il.

Du côté de la bannière japonaise Muji, qui se spécialise entre autres dans les articles pour la maison, le plan de match serait de détenir une vingtaine de magasins au Canada d’ici 2020. L’entreprise a récemment ouvert une nouvelle boutique dans la Ville Reine.

Selon nos informations, des négociations seraient en cours pour ouvrir un premier magasin à Montréal.