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Les dépanneurs de stations-service n’ont pas le droit de vendre de produits du tabac entre 20 h et 5 h.
Les dépanneurs de stations-service n’ont pas le droit de vendre de produits du tabac entre 20 h et 5 h.

L’interdiction de vente du tabac durant le couvre-feu irrite les travailleurs de nuit

Pierre St-Arnaud
La Presse Canadienne
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MONTRÉAL — Les fumeurs qui travaillent durant les heures de couvre-feu n’ont d’autre choix que de faire des provisions s’ils ne veulent pas se trouver en manque. Bien que les dépanneurs de stations-service soient ouverts, ils n’ont pas le droit de vendre de produits du tabac entre 20 h et 5 h.

En instaurant le couvre-feu le 9 janvier dernier, le gouvernement Legault a permis aux dépanneurs de stations-service de demeurer ouverts et de vendre de l’essence, des produits d’alimentation et d’automobile, mais a interdit la vente de tabac et de boissons alcoolisées.

«Faire la promotion de la cigarette, c’est assez difficile, mais c’est sûr que quelqu’un qui est fumeur, pourquoi lui refuser ça au moment où il vient en manque et qu’il est sur les nerfs un peu?» se demande Gaétan Légaré, directeur général de l’Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI).

«Il y en a qui sautent une coche pour pas grand-chose»

«Quelle sorte de réaction le camionneur va-t-il avoir devant l’employé du dépanneur? Ce sont toujours ces situations-là qui m’inquiètent, fait-il valoir. Lorsqu’une personne qui a besoin de cigarettes se présente au dépanneur et qu’on lui refuse, c’est assez ordinaire.»

«Dans la société où l’on vit, il y en a qui sautent une coche pour pas grand-chose. On n’a qu’à regarder ce qui arrive sur les routes avec les incidents de rage au volant», note-t-il.

Son collègue Marc Cadieux, président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), abonde dans le même sens, tout aussi mal à l’aise face à l’idée de vouloir défendre le tabagisme, une pratique qui représente en soi un problème de santé publique depuis toujours, au Québec comme ailleurs.

«C’est sûr que ça peut amener certaines frustrations étant donné que le commerce est ouvert et que, sans faire la promotion du tabagisme, quelqu’un qui fume a besoin de ce produit-là pour continuer son rythme de vie.»

«Ça peut avoir un côté frustrant parce que souvent, les gens n’arrivent pas à connaître toute la liste des produits non essentiels et des fois on est confrontés à un fait accompli. Pourtant, la SAQ, la SQDC sont ouvertes, évidemment durant le jour», fait-il valoir, un argument également invoqué par Gaétan Légaré.

Éliminer le risque

Au bureau du ministère de l’Économie et de l’Innovation, qui est responsable de déterminer ce qui est permis ou pas en matière commerciale en marge de la pandémie, on a précisé par courriel que «les restrictions mises en place entre 20 h et 5 h visent à réduire à leur minimum les contacts entre les personnes, notamment en éliminant les risques que des gens enfreignent le couvre-feu pour acheter des produits du tabac ou des boissons alcooliques».

En d’autres termes, on estime que les citoyens seraient prêts à prendre le risque de se faire coller une amende d’au moins 1550 $ pour aller chercher des cigarettes ou de l’alcool après 20 h, mais qu’ils ne sont pas prêts à le prendre pour les autres produits offerts au dépanneur.