Un exemple de chantier en cours au sein de l'Institut national d'optique est l'entreprise FlyScan, dont la technologie permettra de repérer à distance les fuites de pétrole dans les pipelines souterrains.

L'INO demande 50 M$ à Ottawa et à Québec

L'Institut national d'optique (INO) a dressé sa liste d'épicerie en vue des prochains budgets gouvernementaux. Elle réclame 25 millions $ à Québec et la même somme à Ottawa pour demeurer un leader à l'échelle planétaire.
L'an dernier, les deux paliers de gouvernement lui avaient octroyé un coup de pouce totalisant 50 millions $ chacun pour les cinq prochaines années. L'INO réclamait toutefois 75 millions $ au provincial ainsi qu'au fédéral afin de rivaliser à armes égales avec ses concurrents à travers la planète et également de poursuivre le développement de son secteur de l'optique-photonique.
En plus d'aider à la croissance de l'institut et de ses chercheurs, l'investissement additionnel servirait à compléter la stratégie pancanadienne de l'INO. Cette dernière souhaite ouvrir au moins deux bureaux dans d'autres provinces pour mieux vendre les avancées du Québec au reste du Canada. Les travailleurs présents auraient également pour rôle d'aider à l'implantation des technologies dans les entreprises.
Grappe de recherche
Mais avant d'étendre ses tentacules à travers le pays, l'INO est toujours dans l'attente du projet d'ouverture de petits centres de recherche, notamment en optique-photonique, du gouvernement de Justin Trudeau. Dans son budget 2016, Ottawa avait prévu une enveloppe de 800 millions $ pour la création d'une grappe de recherche pancanadienne. Les bureaux pourraient être en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique et dans les Maritimes. 
«Le concept de la grappe est de créer un OBNL qui serait dirigé essentiellement par des industriels, dont l'INO ferait partie», explique au Soleil Jean-Yves Roy, pdg de l'institut, assurant du même souffle que les discussions avec les gouvernements vont bon train. 
Selon le grand patron, outre l'expansion canadienne, les sommes demandées permettraient à l'INO d'assurer «une pérennité» et «d'accélérer les projets phares». Il donne comme exemple de chantier en cours l'entreprise FlyScan, dont la technologie permettra de repérer à distance les fuites de pétrole dans les oléoducs souterrains.
Pour l'heure, M. Roy est d'avis que l'institut possède l'expertise pour être un leader mondial, mais que sans ces investissements, l'INO, dont les revenues externes ont atteint 19,3 millions $ pour l'exercice financier 2015-2016, ne sera pas en mesure de suivre la parade. Le pdg confie également que son entreprise prévoit embaucher 110 nouveaux visages d'ici 2020. Elle emploie actuellement 192 travailleurs. 
Compétition internationale
«La compétition internationale est monstrueuse. [...] Par exemple, aux États-Unis, ils ont créé un INO à Rochester, dans l'État de New York. Il est financé à 615 millions $ sur cinq ans», affirme-t-il. «Depuis trois ans, à Singapour, les gens ont ouvert cinq Photonics Key center. Le dernier est un centre qui va développer des technologies de rupture qui vont permettre à des industriels de s'intégrer dans la mouvance des habitudes de consommation. Les pays se positionnent pour être des leaders», poursuit celui qui aimerait également faire de la région de Québec, un centre mondial en robotique avancée.
Afin de soutenir les initiatives de INO, le président-directeur général des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), Éric Tétrault, le pdg du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, et le pdg de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Stéphane Forget, ont signé conjointement une lettre dans laquelle ils soulignent l'importance de l'optique-photonique pour les années à venir. 
«Déjà, une majorité de pays industrialisés y investissent des sommes très importantes. L'impact économique de l'optique-photonique est colossal : chaque dollar investi en rapporte 50. Des entreprises prospères sont créées. Les retombées aident les sociétés à accroître leur compétitivité, à percer de nouveaux marchés et à assurer leur leadership», peut-on lire dans la missive envoyée à différents médias. «Deux secteurs sont particulièrement intéressants pour l'industrie canadienne : la robotique avancée et l'Internet des objets. Nous possédons des avantages concurrentiels uniques pour nous démarquer dans ces deux industries, comme la capacité à développer des capteurs à très faible coût, issus de la recherche en optique-photonique.»