Les gains généralisés ont contribué à la hausse des prix dans les huit principales composantes de l’indice par rapport à l’an dernier, a noté Statistique Canada.

L’inflation bondit en mai au Canada, en partie à cause des aliments

OTTAWA — La cadence annuelle de l’inflation s’est accélérée en mai, l’indice des prix à la consommation ayant augmenté de 2,4 % par rapport à l’an dernier, sa plus forte augmentation depuis octobre dernier, a indiqué mercredi Statistique Canada.

Cette variation se compare à une inflation de 2,0 % pour le mois d’avril, et constituait la quatrième accélération mensuelle consécutive de l’inflation annuelle. Les économistes tablaient sur une augmentation de 2,1 % en mai, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

L’économiste James Marple, de la Banque TD, a souligné que l’inflation était de retour au Canada, du moins pour le moment.

«Même si certains des facteurs qui stimulent la croissance des prix sont susceptibles de s’évanouir, nous ne pouvons ignorer la nature relativement étendue de la croissance des prix en mai», a écrit M. Marple dans un bref rapport.

Les gains généralisés ont contribué à la hausse des prix dans les huit principales composantes de l’indice par rapport à l’an dernier, a noté Statistique Canada.

Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 3,5 %, ceux des légumes frais ayant grimpé de 16,7 %, soit leur plus forte augmentation d’une année à l’autre depuis février 2016.

Les prix du transport ont gagné 3,1 %, le coût du transport aérien ayant augmenté de 8,9 % et celui des véhicules automobiles, de 4,2 %. Les primes d’assurance de véhicules automobiles ont augmenté de 8,1 %.

Toutefois, les automobilistes ont payé 3,7 % de moins pour l’essence que l’an dernier au même mois. En excluant l’essence, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,7 % par rapport à l’année précédente, contre une hausse de 2,3 % en avril.

Près de la cible de la banque centrale

La hausse des prix place l’inflation au-dessus de la cible idéale de 2,0 % de la Banque du Canada.

La moyenne des trois indicateurs d’inflation sous-jacente de Statistique Canada — qui sont considérés comme de meilleures mesures des pressions sous-jacentes sur les prix parce qu’ils omettent les éléments volatils tels que l’essence — a atteint 2,07 %, alors qu’elle avait été de 1,90 % en avril.

La banque centrale, qui ajuste son taux d’intérêt directeur pour maintenir l’inflation le plus près possible de sa cible, a laissé son taux inchangé à 1,75 % ces derniers mois, après la faiblesse économique de la fin de 2018 et du début de 2019.

Les économistes ont des opinions partagées sur ce que la Banque du Canada fera avec son taux directeur.

«La reprise de l’inflation sous-jacente, qui continue de se situer autour de la cible de 2,0 %, montre à quel point la Banque du Canada est confrontée à une politique différente de celle de la [Réserve fédérale américaine]», a observé Benjamin Reitzes, stratège des taux canadiens pour BMO Marchés des capitaux.

Selon M. Reitzes, le rapport sur l’inflation de mai est une raison de plus pour la Banque du Canada «de rester patiente et de résister à la tentation de suivre le défilé des banquiers centraux du monde qui semblent plus conciliants».

La Réserve fédérale américaine a maintenu son taux directeur inchangé mercredi, mais a indiqué qu’elle était prête à commencer à l’abaisser si nécessaire, pour protéger l’économie américaine.

Inflation en hausse au Québec

La hausse annuelle des prix a été plus importante en mai dans sept provinces. Le Québec est la seule province où l’indice des prix de l’hébergement des voyageurs a augmenté sur une base annuelle, de 4,6 %, en raison de la hausse de la demande pendant une série de festivals et de concerts qui y ont eu lieu.

Au Québec, l’indice des prix à la consommation a progressé de 2,4 % d’une année à l’autre en mai, en hausse par rapport à l’augmentation de 1,7 % enregistrée en avril.

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