Luc Selesse, porte-parole de Taxi Coop, a installé une vitre en plexiglas dans son taxi.
Luc Selesse, porte-parole de Taxi Coop, a installé une vitre en plexiglas dans son taxi.

L’industrie du taxi de Québec aimerait recevoir une subvention de la Ville

Même si elle a été considérée un service essentiel, l’industrie du taxi de Québec n’a pas eu beaucoup de clients pendant le confinement. «Il fallait desservir, mais le problème c’est qu’on n’avait pas de clients», explique Luc Selesse, porte-parole de Taxi Coop qui aimerait recevoir de l’aide de la part de la Ville de Québec afin de soulager les chauffeurs de taxi.

Avant la pandémie, Taxi Coop pouvait recevoir jusqu’à 8000 appels par jour. «On a vu ça fondre en bas de 1000 dès les premiers jours du confinement», affirme M. Selesse. «Au plus fort du confinement, on avait plus de 300 voitures de stationnées, qui ne travaillaient pas, sur une possibilité de 450. Plus que la moitié de la compagnie», ajoute-t-il.

Pour traverser cette mauvaise passe, la coopérative a baissé de plus de 60 % le montant payé mensuellement par ses membres qui doivent investir dans des vitres de plexiglas (entre 400 $ et 500 $), des masques et des produits désinfectants tout en subissant une diminution de leur revenu.

Luc Selesse aimerait bien que la Ville de Québec subventionne l’industrie du taxi, comme Montréal l’a déjà fait sur son territoire. «Ils ont eu une subvention 260 000 $ pour installer des vitres entre les chauffeurs et les clients, et pour faire désinfecter les véhicules», explique le porte-parole de Taxi Coop qui a fait une demande en ce sens à la Ville de Québec.

Protéger les employés

Cette aide permettrait de rassurer les chauffeurs qui hésitent à retourner au travail. «Je comprends que les gens aient peur de revenir travailler», partage M. Selesse. Les taxis ont notamment des contrats avec des centres hospitaliers et transportent du personnel soignant et des malades, évoque le porte-parole.

À l’inverse, certains ont hâte de revenir sur la route malgré leur âge qui les rend plus à risque de contracter le virus. «J’ai un monsieur de 80 ans qui m’appelle une fois par semaine», partage Mario Vézina, vice-président de la Fédération des intermédiaires de taxis de Québec (FITQ). «Il est super en forme, mais depuis qu’il est arrêté, il a mal partout. Il a hâte de recommencer à travailler.»

Le vice-président de la FITQ estime qu’environ 20 % de ses collègues sont âgés de plus de 70 ans.

De menacée à essentielle

Il n’y a pas si longtemps, on s’inquiétait que l’application de déplacement Uber ne fasse disparaître l’industrie du taxi à Québec, se rappelle Mario Vézina.

Aujourd’hui, à l’heure de la COVID-19, difficile de trouver un chauffeur Uber pour se déplacer d’un endroit à l’autre. «Nos concurrents ont disparu. Ils se sont tous mis à la livraison», dévoile le porte-parole de Taxi Coop qui a également tenté de pallier sa baisse de revenus traditionnels en se tournant vers la livraison. «On a approché des supermarchés, mais les restaurants se sont vraiment tournés vers Uber Eats. Ils sont très agressifs dans ce marché», soutient M. Selesse.

Été tranquille en perspective

Malgré le déconfinement graduel, l’industrie du taxi ne retrouvera pas toute sa vitalité cet été, croient Mario Vézina et Luc Selesse. Sans festival, sans bar, sans touristes, sans croisière; l’été s’annonce encore difficile pour les chauffeurs de taxi de Québec.

Mise à jour

Après la publication de cet article, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a rapidement réagi pour signifier qu’une entente a été faite le 27 mai dernier entre Taxi Coop Québec et le RTC. «Nous nous sommes engagés auprès de l’industrie du taxi de Québec à offrir une aide financière, afin de mettre en place les mesures de protection dans les véhicules de taxi», informe Anne-Marie Gauthier, chef des communications du RTC. «L’industrie du taxi de Québec est un partenaire de premier plan en mobilité», ajoute-t-elle.

Pour l’instant, peu d’informations sont disponibles sur la forme que prendra cet aide et les ressources financières qui seront investies. «Nous sommes présentement à définir les moyens et modalités qui seront mis en place», précise Mme Gauthier.