L’indice des prix à la consommation en hausse de 1,9%

OTTAWA - L’inflation canadienne a accéléré le mois dernier, alimentée par la hausse des prix de l’essence, qui a permis de dissiper une forte pression à la baisse sur l’indice des prix, a indiqué mercredi Statistique Canada.

L’indice des prix à la consommation de l’agence fédérale a augmenté de 1,9 pour cent en mars, après deux mois de résultats plus tièdes, soit des croissances de 1,5 pour cent en février et de 1,4 pour cent en janvier.

La moyenne des indicateurs de l’inflation de base au Canada, considérée comme une meilleure mesure de la pression sur les prix, a augmenté de 2,0 pour cent en mars, ce qui représentait une hausse par rapport à 1,9 pour cent en février. Ces chiffres omettent les produits dont les prix sont plus volatils, comme l’essence et les aliments frais, et sont surveillés de près par la Banque du Canada.

Le raffermissement de l’inflation rapproche les deux mesures de la cible idéale de 2,0 pour cent privilégiée par la banque centrale, et survient alors que l’économie traverse une période de ralentissement attribuable à la chute des prix du pétrole brut à la fin de l’année dernière.

Avant que la baisse des prix à la pompe pèse sur les chiffres de ces derniers mois, la hausse des prix de l’essence avait été l’un des principaux moteurs de l’inflation pendant la plus grande partie de 2018.

«Là où la Banque du Canada le souhaite»

Selon Statistique Canada, le rebond du prix mondial du pétrole brut en mars a fait augmenter les prix de l’essence de 11,6 pour cent, d’un mois à l’autre. Ceux-ci restaient cependant inférieurs de 4,4 pour cent à ceux de mars 2018.

«Avec l’essence, ça va, ça vient (...) Nous revenons maintenant à des prix plus élevés et l’inflation, même avec cela, reste toujours aux environs de 2,0 pour cent», a observé l’économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, lors d’une entrevue.

«On peut s’inquiéter beaucoup de la décimale de l’inflation d’un mois à l’autre, mais en fait, l’inflation se situe exactement là où la Banque du Canada le souhaite.»

La lecture de mars, conforme aux prévisions des économistes, a renforcé les attentes de ceux qui croient que la Banque du Canada laissera son taux d’intérêt directeur inchangé lors de son annonce sur sa politique monétaire, mercredi prochain, et peut-être pour le reste de l’année.

Selon Statistique Canada, les consommateurs ont payé 15,7 pour cent de plus en mars pour les légumes frais, 8,1 pour cent de plus en coûts d’emprunts hypothécaires et 5,6 pour cent de plus en assurance automobile.

Les Canadiens ont payé 9,2 pour cent de moins le mois dernier pour les services internet par rapport à l’année précédente, 6,4 pour cent de moins pour les voyages et 6,5 pour cent de moins pour l’hébergement des voyageurs.

L’inflation s’est accélérée dans toutes les provinces le mois dernier. Les hausses de prix les plus importantes ont été observées en Alberta, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

L’économie a brusquement ralenti au cours des trois derniers mois de 2018. Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a prédit que cette faiblesse serait temporaire et que l’économie se raffermirait au second semestre de 2019. La banque centrale a relevé son taux directeur à cinq reprises depuis l’été 2017, mais il se situe à 1,75 pour cent depuis octobre.

«Puisque la capacité inutilisée de l’économie est assez importante, les tensions sur les prix devraient rester modérées, ce qui forcera la Banque du Canada à rester sur la touche pour le reste de l’année», a déclaré Alicia Macdonald, économiste principale du Conference Board du Canada, dans une déclaration.

Recul du déficit commercial

Dans un rapport distinct publié mercredi, Statistique Canada a indiqué que le déficit commercial du pays pour le mois de février avait diminué à 2,9 milliards $, réduisant ainsi l’écart par rapport à un déficit révisé de 3,1 milliards $ pour le mois de janvier.

Les exportations ont diminué de 1,3 pour cent en février, tandis que les importations ont reculé de 1,6 pour cent.

La révision des données de Statistique Canada pour le mois de janvier laissait voir un déficit moins important - de plus d’un milliard $ - par rapport à l’estimation initiale de 4,2 milliards $.

Le déficit commercial combiné des mois de février, janvier et décembre (mois pour lequel un déficit de 4,8 milliards $ a été enregistré) s’élevait à 10,8 milliards $, ce qui en faisait le déficit le plus important jamais enregistré par le pays pour une période de trois mois.

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a estimé que la performance du commerce, «toujours amère», corroborait les prévisions d’une croissance économique plus modérée au premier trimestre de 2019.

Il a ajouté que les données commerciales renforçaient l’espoir que la Banque du Canada n’envisage pas une hausse des taux de sitôt, tandis que la hausse de l’inflation devrait amoindrir les prévisions d’une réduction imminente des taux.

«Donc, encore une fois, cela semble annoncer une longue pause de la Banque du Canada.»

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