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L’immigration en renfort pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre dans les restos, les hôtels?

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Problème majeur dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme avant même le début de la pandémie, le manque de main-d’œuvre devrait s’aggraver encore davantage lors du retour à une vie plus normale à la suite du départ de nombreux travailleurs ayant choisi de migrer vers d’autres secteurs. Une des solutions envisagées pour régler le problème serait de recruter des travailleurs à l’étranger.

«On mise beaucoup sur l’immigration non spécialisée», a expliqué M. Steeve Lavoie, le président et chef de la direction de la CCIQ. «Je sais que des mémoires ont été déposés et que des recommandations ont été faites. J’ai parlé à des gens de ces secteurs et une des solutions à court et à moyen terme qu’ils préconisent serait de permettre plus d’immigration non spécialisée, un peu à l’instar de ce qui se fait au niveau de l’agriculture qui se tourne vers l’immigration à chaque année. 

«Un peu selon le même principe, ces secteurs aimeraient pouvoir avoir des travailleurs qui viendraient donner un coup de main pendant l’été, peut-être même plus tard si on parle du tourisme, par exemple, dont la grosse période d’achalandage va jusqu’en octobre avec la fin des croisières.»

Un défi de taille

Désireuse de connaître les besoins des ressources humaines de la Capitale-Nationale, la Chambre de commerce et d’industrie de Québec a demandé à la firme Léger de sonder des dirigeants ou des gestionnaires d’entreprises de plus de cinq employés issus de l’ensemble des secteurs d’activités et de l’ensemble de la région. Cinq-cent-une personnes ont accepté de répondre au sondage réalisé grâce à la participation financière du gouvernement du Québec. Les gestionnaires ont été interrogé lors d’appels téléphonique ou via le Web. La marge d’erreur du sondage est de plus ou moins 4 %.

«Cette enquête, que nous avons réalisée en décembre, sera nécessaire pour mettre les bases d’une relance économique efficaces et surtout alignée sur les besoins de la communauté d’affaires», a mentionné M. Lavoie. «À la suite de la lecture des résultats, nous serons capables d’établir des constats très important sur le déplacement de la main-d’œuvre, sur la poursuite du télétravail dans nos nouvelles façons de faire et aussi sur les besoins en formation qui deviendront de plus en plus nécessaires pour la suite. Les résultats nous permettront aussi de réorienter nos efforts collectifs pour minimiser les conséquences.

C’est un fait, la crise continue de faire bien du mal à l’économie régionale. Cependant, selon M. Lavoie, l’après-crise pourrait être plus difficile au niveau des ressources humaines, et ce dans tous les domaines d’activités. Il a rappelé que la Vieille-Capitale était déjà affectée par une pénurie de main-d’œuvre avant la pandémie. Et contrairement à ce que certaines personnes avancent, il dit que cette problématique pourrait s’accentuer dans certains secteurs, ce que confirme le sondage.

L’exercice a révélé que la main-d’œuvre demeurerait un défi de taille au lendemain de la pandémie. D’ailleurs 65 % des dirigeants d’entreprise ayant répondu au sondage ont indiqué qu’ils avaient en ce moment un problème de recrutement de personnel. Quatre-vingt % ont mentionné qu’ils devront engager du personnel dans la prochaine année et 53% prévoient créer de nouveaux postes. L’attraction de la main-d’œuvre et sa rétention seront donc des jeux importants lors des prochains moins.

«Le résultat choc du sondage concerne cependant l’impact de la pandémie sur les entreprises. On dit souvent que la pandémie a obligé les entreprises à s’ajuster et à se réinventer. Ici c’est plus que ça. Ce que les gestionnaires nous ont dit dans une proportion de 58 % c’est qu’ils ont dû apporter un changement important à leur produit ou à leur service principal afin de faire face à la nouvelle réalité», a analysé Mme Cynthia Darisse, vice-présidente au bureau de Léger à Québec. 

Le sondage a aussi révélé que les trois-quarts des entreprises (75 %) sondées envisageaient investir dans la formation de leur personnel afin de demeurer compétitives dans leur marché. Le sondage a aussi analysé les conséquences du télétravail. Soixante et huit % des entreprise ont dû faire des investissements souvent importants pour acheter du matériel pour équipier leurs employés et 50 % ont déclaré qu’elles sentaient le besoin de revoir leur organisation du travail et les outils de travail. Près de 33 % ont même indiqué qu’elles devraient revoir leur indicateur de productivité pour ce qui est de la charge de travail et de l’assiduité. Finalement, le sondage a permis d’apprendre que pour 41 % des entreprises, les frais de biens non utilisés était une conséquence directe du télétravail et que 21 % des avaient du revoir leur contrat de location immobilière à la baisse.