Libre-échange: Trudeau se pose en allié de l'Union européenne

Prenant la parole après sa ratification très attendue de l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, le premier ministre canadien Justin Trudeau a prévenu le Parlement européen que ce pacte pourrait être le dernier en son genre si jamais il devait échouer.
«L'Union européenne est une réussite remarquable et un exemple sans précédent de coopération pacifique, a déclaré M. Trudeau. Le Canada comprend qu'une voix européenne efficace sur la scène mondiale n'est pas seulement préférable - elle est essentielle.»
«S'il est couronné de succès, a ajouté le premier ministre, l'Accord économique et commercial global deviendra l'exemple à suivre pour toutes les prochaines ententes commerciales ambitieuses. Mais s'il échoue, il pourrait bien être le dernier en son genre.»
La dernière année a été difficile pour l'Union européenne: le Royaume-Uni a décidé de claquer la porte après le référendum du Brexit, et le nouveau président américain, Donald Trump, s'est publiquement demandé quel pays sera le prochain à s'en aller.
M. Trudeau est le premier premier ministre canadien à s'adresser au Parlement européen. Il a déclaré que ceux qui estiment que les ententes commerciales ne profitent qu'à quelques chanceux doivent être entendus, mais que des pactes comme celui intervenu entre le Canada et l'UE sont bénéfiques pour tous.
Sa défense du libre-échange survient également dans un contexte populiste de plus en plus hostile à de telles ententes, notamment depuis l'arrivée au pouvoir de l'administration Trump.
«Certains s'inquiètent aujourd'hui que le système actuel ne profite qu'à une poignée de chanceux. Leurs préoccupations sont valides, a reconnu M. Trudeau. La nervosité des gens envers l'économie et les échanges commerciaux - l'inquiétude que nos enfants n'aient pas accès aux mêmes emplois et aux mêmes opportunités que nous - ne sera calmée que si nous nous assurons que (...) le commerce profite à tous.»
M. Trudeau croit que le nouvel accord de libre-échange atteint cet objectif.
«Des échanges commerciaux libres et justes peuvent rendre la vie de nos citoyens plus abordable et créer plus d'emplois», a-t-il dit.
L'opposition se poursuit
Certains groupes promettent de continuer à lutter contre l'entente, qui selon eux avantage les grandes entreprises au profit de la classe ouvrière.
Le sentiment protectionniste est de plus en plus fort en Europe. L'arrivée de l'administration Trump a signé l'arrêt de mort des négociations de libre-échange avec l'Europe et du Partenariat transpacifique, qui aurait regroupé 12 pays du bassin du Pacifique, dont le Canada.
L'Accord économique et commercial global unira quelque 35 millions de consommateurs canadiens à environ 500 millions d'Européens.
La ratification par l'UE permettra l'entrée en vigueur d'environ 90 % de l'accord, une fois que le Parlement canadien aura fait de même au cours des prochains mois.