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L’Hôtel Clarendon rouvre ses portes vendredi. Marc-Olivier Côté, le copropriétaire de l’établissement situé dans le Vieux-Québec, s’attend à atteindre cet été un taux d’occupation variant entre 50 % et 60 % et composé exclusivement de touristes québécois.
L’Hôtel Clarendon rouvre ses portes vendredi. Marc-Olivier Côté, le copropriétaire de l’établissement situé dans le Vieux-Québec, s’attend à atteindre cet été un taux d’occupation variant entre 50 % et 60 % et composé exclusivement de touristes québécois.

L’Hôtel Clarendon rouvre ses portes à l'occasion de son 150e anniversaire

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Après huit mois de fermeture à cause de la pandémie, l’Hôtel Clarendon se prépare à accueillir ses premiers clients en 2021. L’établissement du Vieux-Québec sera de nouveau accessible à compter d’aujourd’hui et il en profitera pour souligner son 150e anniversaire, un évènement qui aurait dû être célébré en 2020.

«Vous ne pouvez vous imaginer à quel point nous avons hâte de revoir notre équipe en action et de recevoir notre clientèle dans notre bel hôtel complètement refait à neuf», a indiqué Marc-Olivier Côté, qui a acquis l’Hôtel Clarendon en 2012 avec son père Michel. «Nous venions tout juste de terminer 12 mois de travaux majeurs, juste à temps pour célébrer notre 150e anniversaire, lorsque la pandémie nous a contraints à fermer à nouveau notre établissement pour une longue période.»

Obligé de renoncer à accueillir des clients pendant presque un an à la suite d’un incendie survenu en janvier 2019, l’Hôtel Clarendon avait pu rouvrir ses portes le 15 janvier 2020. Les propriétaires de l’établissement avaient cependant décidé de refermer leur hôtel, pourtant considéré comme un service essentiel, en mars 2020 à cause de l’absence de touristes. Le Clarendon avait ensuite rouvert le 23 juin et il était demeuré en opération jusqu’au 5 octobre, soit jusqu’au moment où la seconde vague de la COVID avait frappé et que la région de Québec était passée en zone rouge.

À LIRE : notre visite d'une chambre de luxe de l'Hôtel Clarendon, avec ses fenêtres en vedette…

«Quand nous avons ouvert en juin 2020, j’étais confiant que la crise allait se terminer rapidement. Nous avons cependant fait un mauvais été, notre taux d’occupation étant en deçà de 20 %. J’ai déchanté quand la troisième vague est arrivée et c’est pour cette raison que le 5 octobre nous avons décidé de fermer à nouveau. C’est vendredi qu’aura lieu notre ouverture. Nous pensons que ce redémarrage sera le bon. Pour nous, ça sera un nouveau départ.

«Nous sommes cependant conscients que nous aurons surtout une clientèle québécoise cet été. La particularité de l’Hôtel Clarendon c’est qu’en général, plus de 50 % de sa clientèle vient de l’international. Nous sommes donc très impactés par la fermeture des frontières et tout l’évènement COVID en tant que tel.»

Plus vieil hôtel au Canada, le Clarendon, qui est situé en plein cœur du Vieux-Québec, juste en face des Jardins de l’Hôtel de ville, a ouvert ses portes à peine trois ans après la Confédération. Au fil des années, l’établissement a été témoin de l’histoire du Vieux-Québec, mais aussi du Québec, du Canada et même de l’Europe. C’est en effet en ses murs que logeait l’équipe internationale de journalistes qui couvrait les Conférences de Québec organisées en août 1943 et pendant lesquelles Winston Churchill, Franklin Delano et Mackenzie King se réunissaient au Château Frontenac pour élaborer des stratégies militaires dans le but de mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.

Obligé de renoncer à accueillir des clients pendant presque un an à la suite d’un incendie survenu en janvier 2019, l’Hôtel Clarendon avait pu rouvrir ses portes le 15 janvier 2020.

«Le Clarendon a toujours été opéré par des familles québécoises. Il n’y a pas de bannière au Clarendon, c’est un hôtel indépendant. C’est un joyau et il vient d’être entièrement rénové, des travaux de plus 10 millions $, à la suite des évènements que l’on connaît. Alors on n’attend plus juste que les clients. Nous avons un beau produit à offrir et on a hâte de le faire découvrir aux gens. Et ceux qui nous connaissent déjà vont redécouvrir l’hôtel.»

M. Côté a ajouté que les travaux qui avaient été réalisés au Clarendon n’avaient pas uniquement servi à effacer les traces de l’incendie et à refaire une beauté à son établissement. Ils avaient aussi permis de faire des ajouts. Il a expliqué que dans le but de se diversifier, son hôtel désirait développer davantage le marché corporatif afin d’avoir chez lui des clients à l’année. Trois salles corporatives, pouvant accueillir entre six et 20 personnes, ont donc été ajoutées à l’offre de l’établissement qui comptait déjà une salle de banquet pouvant accueillir jusqu’à 120 personnes et divisible en deux.

«On a aussi investi de manière importante dans ces quatre salles-là au niveau de l’équipement audiovisuel afin d’être au goût du jour et de permettre les visioconférences, etc.»

Malgré la pénurie de main-d’œuvre qui sévit présentement dans la région de Québec, le Clarendon pourra compter dès vendredi sur la présence de la plupart de ses employés qui, selon M. Côté, avaient tous très hâte de retrouver leur boulot. Des gens qui ont le Clarendon tatoué sur le cœur. D’ailleurs, cinq d’entre eux y travaillent depuis plus de 30 ans, la doyenne y étant depuis 38 ans. «Savoir que la plupart de nos gens sont de retour, c’est très rassurant. Un hôtel, ça ne marche pas tout seul. Ça prend des gens et ça en prend beaucoup.

«On risque d’avoir un défi au niveau de la main-d’œuvre cet été. Et comme nous ne sommes pas certains du pourcentage d’occupation que nous aurons, nous devrons nous s’adapter. Mais nous sommes enthousiastes», a lancé M. Côté qui a mentionné qu’il y a de belles opportunités de carrière qui allaient s’ouvrir à l’hôtel. Les propriétaires ayant des projets ils pouvaient recruter des éléments à long terme.

Redémarrer en grande

À la veille de la saison touristique, M. Côté s’est dit confiant de voir son hôtel redémarrer en grande. Grâce à une offre mise de l’avant par l’Office de tourisme de Québec, les personnes qui feront une réservation de deux nuitées dans un hôtel de la Vieille Capitale recevront une carte cadeau de 75 $ qui pourra être utilisée dans les restaurants et les boutiques participantes du Vieux-Québec. 

La direction de l’Hôtel Clarendon offrira en plus, afin de souligner son 150e anniversaire, une bouteille de vin aux 150 premières personnes qui réserveront une chambre pour deux nuitées dans son établissement. S’ajoutera un deux pour un sur le Fish and chips à la Brasserie Les Mordus, le restaurant du Clarendon.

«Nous sommes très optimistes pour cet été. Surtout avec la promotion mise de l’avant par l’OTQ. On pense que ça va résonner sur le marché de Montréal. On s’attend à avoir cet été un taux d’occupation variant entre 50 % et 60 % composé exclusivement de touristes québécois. Il y avait beaucoup d’incertitude l’année passée. Mais comme on doit tomber en zone jaune lundi, les gens vont enfin pouvoir planifier, se permettre de sortir un peu et venir à Québec.

«C’est une belle opportunité pour les gens parce que règle générale à ce temps-ci de l’année, les trottoirs débordent. On a un joyau du patrimoine mondial de l’UNESCO qui est pratiquement désert. C’est complètement anormal. Il fait beau et les rues sont agréables à marcher parce qu’en temps normal, il y a énormément de monde.»

M. Côté a conclu en disant que le groupe de propriétaires de l’établissement avait encore plusieurs projets dans ses cahiers à dessins. Il a rappelé qu’avant l’incendie, celui-ci désirait agrandir l’hôtel et que ce projet n’était pas mort. Il a ajouté qu’à très long terme, il rêvait d’avoir une terrasse sur le toit de l’établissement.

«On y a un point de vue merveilleux sur le fleuve Saint-Laurent, sur l’Île-d’Orléans, sur les clochers de la basilique Notre-Dame de Québec, etc. Malheureusement, le projet n’avait pas passé au conseil de la Ville quand nous l’avions présenté.» 

«Mais je garde ce rêve-là dans ma tête et je me dis qu’un jour, je réussirai peut-être à le réaliser.»