L’«Asterix» quittera Chantier Davie vendredi matin.

L'heure du départ a sonné pour l'«Asterix»

En jetant un œil sur le fleuve, tôt ce matin, vous verrez passer l’«Asterix» qui quittera définitivement Chantier Davie pour se rendre dans les Maritimes afin de subir l’épreuve des essais en mer.

Selon la direction du chantier maritime de Lévis, le navire ravitailleur — le plus grand bateau militaire construit au Canada depuis plus d’un quart de siècle — quittera sur le coup de 9 heures.

Simultanément, entre 325 et 400 travailleurs seront mis à pied. Une bien triste nouvelle trois jours avant Noël.

Déjà, 400 employés de Davie ont été renvoyés à la maison, ces dernières semaines, au fur et à mesure que les travaux sur l’Asterix se terminaient. 

Sans compter de nombreux salariés des 879 fournisseurs de Davie au Québec.

«Et dire que nous étions 1200 il n’y a pas si longtemps encore», fait remarquer le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon (CSN), Régent Guay. «Nous nous retrouverons moins de 400 au retour du congé des Fêtes.»

Les pertes d’emploi chez les fournisseurs pourraient se chiffrer à plus de 500.

Jeudi, au chantier, les assureurs procédaient aux dernières inspections avant le départ de l’Asterix, un vraquier converti en navire ravitailleur pour la Marine royale canadienne au coût de 650 millions $ et ce, en respectant les délais de construction et le budget.

Pas question de baisser les bras

Autant pour la direction du chantier de Lévis et que pour la CSN qui représente les travailleurs syndiqués de Davie, le départ de l’Asterix ne ralentira pas les ardeurs de ceux qui réclament que le Québec reçoive sa juste part des contrats octroyés par Ottawa dans le cadre de sa Stratégie de construction navale. À ce jour, le Belle Province n’a récolté que 0,85 % de la manne fédérale, ce qui provoque l’insatisfaction du gouvernement du Québec entre autres. Irving Shipbuilding (83 %) et Seaspan (16 %) ont obtenu la grosse part du gâteau. 

«La mobilisation ne fait que commencer», a indiqué le porte-parole de Davie, Frédérik Boisvert.

«Nous ne lâcherons pas le morceau», a renchéri la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras. «Si le gouvernement libéral pense que le mouvement va s’essouffler avec l’arrivée du temps des Fêtes, il devra se raviser.»

Par ailleurs, la syndicaliste ne décolérait pas, jeudi, à la lecture des propos tenus par Justin Trudeau lors d’une entrevue accordée à TVA. 

En plus de répéter qu’Ottawa n’investirait pas dans un nouveau navire ravitailleur, il indiquait que son gouvernement n’allait pas «rouvrir» la Stratégie nationale de construction navale, car il s’agissait d’une décision prise l’ancien gouvernement conservateur.

Selon Ann Gingras, les libéraux ne peuvent se contenter de rejeter la faute sur les conservateurs et s’en laver les mains.

«Ils doivent prendre leurs responsabilités et réagir devant l’explosion des coûts et le non-respect des échéanciers du côté d’Irving et de Seapan. Ils doivent immédiatement corriger le tir.