Benoit et Jean-François Chabot près d’une presse Offset dans l’imprimerie familiale.

LG Chabot: l’imprimerie à l’ère moderne

À l’ère des technologies numériques, le monde de l’imprimerie ne lâche pas prise. Il y a encore du papier à imprimer, mais aussi de nombreux objets de toutes les formes sur lesquelles on fait de l’impression.

Après 125 ans, l’imprimerie LG Chabot tourne à plein régime, alliant la technologie et le travail des artisans. De la boutique du relieur en 1893, dans la côte de la Montagne, à l’usine moderne d’aujourd’hui, ce sont des hommes et des femmes qui mettent leur génie et leur inspiration dans les nouveaux projets au fil des décennies.

La diversification était nécessaire. Et c’est l’optique de la quatrième génération de Chabot avec Benoit et Jean-François qui joue les hommes orchestres dans un milieu où les encres se déposent sur le papier et sur toute autre matière, que ce soit une tasse en verre, une bouteille de vin ou un ballon de soccer, même des scanneurs 3D manuels pour une compagnie de Lévis.

«Ce qui me réjouit le plus, c’est lorsqu’un client me demande “Avez-vous déjà fait cela?” C’est certain qu’on va le faire», lance Benoit Chabot tout sourire. La capacité de rebondir, d’inventer de nouvelles méthodes fait partie de l’ADN de l’entreprise.

LG Chabot fait toujours de la reliure au besoin, comme l’avait fait Louis-Germain Chabot lorsqu’il a entrepris une nouvelle carrière, lui qui était militaire. Le côté «artisan» continue dans la tradition familiale.

De la première boutique, dans la côte de la Montagne, en passant par la rue Frank-Carrel jusqu’au bâtiment actuel dans le parc industriel de Vanier, ce sont les fils de Louis-Germain, Marcel et Louis, qui ont ajouté l’imprimerie dans les fonctions du commerce en 1920.

Dans les années 1960, Jean et Guy, les fils de Marcel, ont développé l’automatisation des presses à imprimer et ajoute l’estampage à chaud et le gaufrage.

Quant à la quatrième génération, les coactionnaires Benoit et Jean-François, les fils de Guy, ont apporté l’impression numérique, la sérigraphie, le prépresse et la gestion des couleurs.

LIRE AUSSI: Des histoires d'artisan

L’entreprise continue dans le volet traditionnel avec l’impression «de menus de restaurant, des cartables, des menus d’échantillonnage», raconte Jean-François Chabot.

«Nous avons un département de sérigraphie pour projets spéciaux pour imprimer sur divers matériaux comme le bois, le verre, le métal ou le plastique. Nous pouvons imprimer sur n’importe quel substrat qu’il soit plat ou dans des formes arrondies. Le domaine de l’imprimerie est très compétitif. Si l’on ne travaille pas dans des niches, nous serions voués à disparaître.»

Des documents qui relate l’histoire de l’entreprise.

Ce sont donc des produits à valeur ajoutée qui nécessitent plus qu’un procédé d’impression, plus qu’une simple feuille de papier.

Le défi de la main-d’oeuvre

Avec l’ère du numérique, on serait porté à croire que les imprimeries sont en voie de disparition.

Pour les frères Chabot, il n’en est rien.

«Il suffit de constater le nombre de produits d’emballage, ajoute Jean-François. Plus l’emballage est beau, mieux le produit se vend. Le danger existe dans le monde de l’édition, mais en nous diversifiant comme on le fait, l’avenir se présente bien.»

Le gros défi se situe davantage du côté des ressources humaines. Trouver de la main-d’œuvre qualifiée constitue la pierre d’achoppement.

Il y a moins de monde en formation dans les écoles, car selon Jean-François Chabot, les jeunes se font dire qu’il n’y a plus d’avenir dans l’imprimerie.

«C’est totalement faux. Nous sommes assis sur une mine d’or. Il nous faut des estimateurs, des infographistes, des spécialistes des presses numériques sans oublier les métiers traditionnels comme la sérigraphie ou le travail sur les presses de type offset.»

Une cinquième génération de Chabot pourrait prendre la relève si leur cœur leur en dit.

«Avec Jean-François, nous agissons en chef d’entreprise, continue Benoît Chabot. Nous sommes des imprimeurs passionnés. Nous tripons dans notre métier et c’est cette passion que nous voulons transmettre à nos enfants. Ce sont eux qui décideront s’ils ont la passion pour assurer la relève.»

Les frères Benoit et Jean-François ont commencé à travailler à l’imprimerie en 1998-1999. Ils sont devenus actionnaires en 2001, leur père Guy était en poste pour assurer la transition. Ils ont fait leurs marques auprès de plusieurs agences en raison de la diversification de leurs opérations dans des spécialités et des travaux plus difficile à réaliser.