Pour lundi et mardi, les détaillants de Québec ont affiché en moyenne leur litre d'essence entre 102,4 ¢ et 103,9 ¢. Pendant ce temps, à Lévis, les prix étaient de 105,4 ¢ à 106,9 ¢.

L'essence plus chère sur la Rive-Sud

Les propriétaires de stations d'essence de la Rive-Sud sont davantage gourmands que ceux de la Rive-Nord. Depuis quelques mois, le litre d'essence ordinaire est plus cher à Lévis qu'à Québec, a constaté Le Soleil. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir des écarts allant jusqu'à 5 ¢.
Dans la semaine du 27 février au 3 mars, le litre d'essence ordinaire se vendait en moyenne dans les stations-services de Québec entre 103,1 ¢ et 105,8 ¢, selon des données de la Régie de l'Énergie. Pour la même période, de l'autre côté du pont Pierre-Laporte, les automobilistes payaient à la pompe leur litre d'essence entre 106,1 ¢ et 107,5 ¢. 
Pour lundi et mardi, les détaillants de Québec ont affiché en moyenne leur litre d'essence entre 102,4 ¢ et 103,9 ¢. Pendant ce temps, à Lévis, les prix ont été de 105,4 ¢ à 106,9 ¢. Mardi, lors du passage du Soleil, même le géant du commerce au détail Costco marchandait son essence à un prix supérieur du côté de la Rive-Sud, soit à 103,5 ¢ comparativement à 101,4 ¢ à son commerce situé sur l'avenue Watt, à Sainte-Foy.
Chez CAA-Québec, on n'est pas en mesure de fournir des raisons justifiant les différences de coût entre les deux rives. Selon l'organisme, le prix réaliste pour l'essence dans la Capitale-Nationale est de 106,9 ¢ le litre et le prix moyen à la pompe est de 103,0 ¢. Le prix réaliste comprend le coût d'acquisition de 103,7 ¢ et la marge au détail moyenne des 52 dernières semaines, soit 3,2 ¢. 
Du côté de Chaudière-Appalaches, qui comprend entre autres Lévis, le coût d'acquisition est de 103,8 ¢, soit un dixième de cent supplémentaire. Ce mince écart entre les deux régions s'explique par «les coûts de transport du carburant», note le porte-parole de CAA-Québec, Philippe Saint-Pierre.
Alors comment explique-t-on la différence de prix jusqu'à 5 ¢ le litre entre les deux villes séparées par moins de 50 kilomètres?
«Ce sont des décisions d'affaire des détaillants», répond M. Saint-Pierre. «Le coût d'acquisition est similaire. Nous ne sommes pas dans une région en périphérie qui va obtenir un rabais de taxe sur les carburants. [...] Lorsqu'on regarde du côté de Québec, la semaine dernière, nous avons eu des marges au détail dans le négatif. Lundi, nous étions à moins 2,4 ¢ et mardi à moins 1,7 ¢. Il y a une sérieuse compétition sur la Rive-Nord. Cela permet aux consommateurs d'avoir un prix très avantageux», poursuit-il.
Selon le porte-parole, l'ouverture des trois super essenceries Costco sur le territoire est en partie responsable de la bataille des prix des dernières années. L'impact de l'effet Costco semble toutefois moins présent du côté de Lévis. 
«Afin d'offrir un coût moins élevé, il y a peut-être des stations de la région qui ont des ententes [avec leur fournisseur]. C'est l'une des hypothèses, mais il n'y a pas de réponse claire pour expliquer la différence de prix», avance-t-il.
Même son de cloche du côté des propriétaires de stations-service. Serge Léveillé, détenteur d'un Petro-Canada à Saint-Henri, près de Lévis, n'était pas en mesure d'expliquer le phénomène. Mardi, il vendait son litre d'essence à 105,9 ¢. 
«Je ne suis pas en mesure de dire ce qu'il se passe au niveau de la région. Est-ce qu'il y a des ententes entre les entrepreneurs et les pétrolières sur la Rive-Nord? Je ne sais pas...» confie-t-il. «C'est certain que lorsque ton commerce est à proximité d'un Costco, tu dois avoir des ententes spéciales, sinon tu vas fermer». 
Plusieurs détaillants ont refusé de répondre aux questions du Soleil
En février, une étude du Mouvement Desjardins affirmait que le prix de l'essence allait assurément grimper en 2017. Pour les prochains mois, l'économiste responsable du rapport, Mathieu Anjou, envisage une augmentation moyenne d'environ 5 ¢ le litre, pour atteindre environ 1,15 $ le litre au Canada.