Selon des données obtenues par la Loi sur l’accès à l’information, la SAQ a enregistré un écart d’inventaire de près de 4 millions $ l’an dernier.

Les vols explosent à la SAQ

EXCLUSIF/ Les larcins et les bris de bouteilles ont privé la Société des alcools du Québec (SAQ) de 11,4 millions $ en 2017-2018, a appris Le Soleil. Les employés ont aussi été plus nombreux à tenter de dérober des produits.

Selon des données obtenues par la Loi sur l’accès à l’information, la SAQ a enregistré un écart d’inventaire de 3 942 881 $ l’an dernier.

Puisque la société d’État vend en moyenne ses produits sur ses tablettes trois fois plus cher (2,9) que le prix qu’elle a payé, c’est environ 11 434 354 $ qui n’ont pas abouti dans ses coffres.

Cela représente une augmentation de 40,5 % par rapport à l’exercice financier 2016-2017 où la perte avait été de l’ordre de 8,11 millions $.

Du côté de la SAQ, la direction tient à préciser que cet écart d’inventaire ne représente que «0,1 % de ses ventes». Il tient compte des ajustements d’inventaire périodiques, des bris et des vols.

«Cela est bien inférieur à la moyenne dans le domaine du commerce de détail au Québec, laquelle se situe à plus de 1 %», répond-elle.

Vols à l'interne 

Toujours selon des données de la SAQ, pour l’exercice 2017-2018, 57 bouteilles ont fait l’objet d’une tentative de vol à l’interne, pour une valeur de 2800 $. Il s’agit de la plus forte augmentation au cours des dernières années.

En 2016-2017, seulement quatre bouteilles avaient été volées (et récupérées) à l’interne d’une valeur de 75,30 $ et sept en 2015-2016 (99,65 $). Lors de l’exercice financier 2014-2015, 21 bouteilles avaient été saisies, d’une valeur totale de 2250,13 $.

«Cela reste somme toute marginal. Nous n’avons pas de contrôle sur les vols. Notre rôle est d’exercer une surveillance», indique le porte-parole Mathieu Gaudreault. «Nous avons de bons employés, mais personne n’est à l’abri des vols», poursuit-il.

Rappelons que la société d’État a mis en place plusieurs mécanismes de sécurité et fait beaucoup de prévention au cours des dernières années afin de diminuer le nombre de vols dans ses rangs. Entre autres, une ligne téléphonique de dénonciation pour les fraudes.


« Cela reste somme toute marginal. Nous n’avons pas de contrôle sur les vols. Notre rôle est d’exercer une surveillance »
Mathieu Gaudreault, porte-parole de la Société des alcools du Québec

Récemment, afin de continuer à serrer la vis, la SAQ a publié un appel d’offres pour dénicher une firme spécialisée en sécurité. Le contrat avec l’ancienne compagnie venait à échéance.

L’entreprise aura comme mandat d’offrir un «service d’agents d’intervention visant à contrer le vol à l’étalage, la fraude et toute intervention spéciale dans les succursales de la SAQ et ses filiales. Également, elle devra offrir un Service d’enquêteurs pour des dossiers internes relativement à des délits et (ou) des infractions aux politiques.»

Quant au nombre de voleurs pris sur le fait dans les succursales et les entrepôts de la SAQ, les autorités ont procédé à 397 arrestations. Cela a permis à la société d’État de récupérer 741 bouteilles de vin ou de spiritueux d’une valeur totale de 43 455,34 $. Il s’agit d’une hausse de 19,3 % du nombre de bouteilles par rapport à l’exercice 2016-2017.

«Le but est de toujours diminuer les pertes. C’est certain qu’on va continuer de porter une attention particulière», conclut M. Gaudreault.

L’an dernier, la SAQ a enregistré 62,5 millions de transactions, une augmentation de 5 %. Le panier moyen, incluant les taxes, des achats effectués par le consommateur dans le réseau des succursales a été de 47,83 $.

Pour sa dernière année financière, la SAQ a dégagé un bénéfice net de 1,1 milliard $ sur des revenus de 3,25 milliards $.