Comme c'est le cas depuis plusieurs années, c'est le vol de métaux, principalement de cuivre, qui a fait bondir la facture chez Hydro-Québec de façon significative.

Les vols de matériel coûtent cher à Hydro

Les vols de matériel et d'équipements continuent de donner des maux de tête à Hydro-Québec. Ces vols ont représenté des pertes financières de 3,9 millions $ pour la société d'État en 2016, a appris Le Soleil.
Selon des données obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, Hydro-Québec a enregistré l'an dernier 352 vols (-22,7 %) sur ses chantiers, comparativement à 432 en 2015 et 507 en 2014. Comme c'est le cas depuis plusieurs années, c'est le vol de métaux, principalement de cuivre, qui a fait bondir la facture de façon significative.
Lors de son exercice financier 2014, Hydro-Québec s'était fait dérober pour 2,557 millions $ de matériel et d'équipements. En 2015, la facture avait été de l'ordre de 1,266 millions $. Mentionnons que depuis 2016, la société d'État indique, pour expliquer l'augmentation du montant des pertes en 2016, avoir révisé sa formule de calcul. Le montant inclut aujourd'hui le coût des réparations ainsi que le prix pour remplacer les pièces disparues.
Pour son exercice financier 2016, Hydro-Québec a enregistré 193 vols de métaux d'une valeur de 2,9 millions $, 7 vols de véhicules (106 584 $), comparativement à 2 en 2015, 47 vols d'équipements informatiques (192 947 $), 99 vols d'outils (638 103 $) et 6 vols d'objets personnels aux employés (4571 $). 
«Il y a de moins en moins de vols. En 2011, nous en avions 745», souligne Louis-Olivier Batty, attaché de presse chez Hydro-Québec. «Nous avons mis en place au cours des dernières années plusieurs éléments pour diminuer le nombre de vols. On utilise toutes les technologies à notre disposition pour obtenir une meilleure surveillance. Nous avons également fait beaucoup de sensibilisation auprès des employés et des fournisseurs. Cela porte ses fruits», poursuit-il. 
Importants méfaits
Pour 2016, Hydro-Québec explique avoir été victime d'importants méfaits principalement dans trois postes de transformation. La facture a été de 2,1 millions $. «C'était des vols de cuivre sur des structures. Cela a représenté des coûts de reconstruction assez importants», avance le porte-parole, préférant ne pas révéler le nom des sites où les vols ont eu lieu. 
Les autorités avaient notamment demandé l'aide de la population en juillet 2016 afin de retrouver deux suspects pour un vol de cuivre estimé à 200 000 $ à La Prairie. Selon M. Batty, la baisse du prix du cuivre des dernières années a grandement contribué à la diminution des vols chez Hydro-Québec. Sur le marché américain, le cours du cuivre s'établissait à 5718,78 $US la tonne, jeudi, en baisse de 0,31 % par rapport à mercredi. Depuis janvier 2014, le prix du cuivre a chuté d'environ 23 %. «Cela a eu un impact, c'est certain», estime le porte-parole. 
Afin de décourager les voleurs qui souhaitent s'enrichir sur le dos des contribuables, Hydro-Québec remplace depuis quelques années, lorsque c'est possible, ses fils de mise à la terre. «On utilise de l'acier [le prix de revente étant plus bas] plutôt que du cuivre», confie M. Batty, rappelant qu'il est dangereux de toucher aux installations électriques d'Hydro-Québec. «Des gens ont perdu la vie au cours des dernières années», conclut-il. 
Entre le 1er janvier et le 3 mai dernier, toujours selon les données, la société d'État a perdu 164 740 $.