La présidence de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy réitère le besoin pour les municipalités d'obtenir le droit de décréter les conditions de travail de leurs employés, en cas de désaccord persistant avec les syndicats.

Les villes attendent toujours leurs outils de relations de travail

Alors qu'elle s'apprête à quitter la présidence de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy réitère le besoin pour les municipalités d'obtenir le droit de décréter les conditions de travail de leurs employés, en cas de désaccord persistant avec les syndicats.
Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, n'a toujours pas déposé son projet de loi à ce chapitre. Or, le temps presse, puisqu'il doit être «déposé à cette session-ci», en vertu de l'entente qui a été signée avec les villes, a souligné Mme Roy, au cours d'une entrevue pour faire le bilan de ses deux années à la tête de l'UMQ.
Les puissants syndicats d'employés municipaux appréhendent tellement cette éventualité qu'ils ont déjà lancé une campagne pour combattre cet éventuel droit de décréter leurs conditions de travail, alors qu'on ignore encore ce que contiendra réellement le projet de loi.
«Cocktail Molotov»
À l'occasion de la traditionnelle rencontre du 1er mai entre le premier ministre et les dirigeants syndicaux, le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, avait d'ailleurs parlé d'un véritable «cocktail Molotov» si le gouvernement accordait véritablement aux villes le droit de décider unilatéralement des conditions de travail de leurs employés.
Des rumeurs circulent voulant que le gouvernement choisirait finalement de ne pas aller aussi loin qu'il l'avait laissé entendre, de crainte que sa loi soit rapidement contestée devant les tribunaux.
«On s'attend effectivement - d'abord et avant tout dans le cadre d'un processus de négociation de bonne foi - que ça ne soit pas éternel et qu'en bout de ligne, ultimement, le conseil municipal puisse décréter les conditions de travail et qu'on tienne compte, toujours, de la capacité de payer des citoyens», plaide Mme Roy, aussi mairesse de Sainte-Julie.
Elle rappelle que le processus déjà évoqué supposait une négociation de bonne foi entre les parties durant un certain temps, avant d'en arriver à décréter les conditions de travail.
Elle déplore qu'à l'heure actuelle, le mécanisme d'arbitrage qui est prévu pour régler les litiges en relations de travail ne compte pas, parmi ses critères à soupeser, la capacité de payer des citoyens.
Contestation judiciaire
D'ailleurs, l'autre loi qui avait touché aux relations de travail dans le monde municipal, à savoir l'imposition du partage moitié-moitié du coût des régimes de retraite, est présentement contestée devant les tribunaux par plusieurs syndicats.
Malgré la contestation judiciaire, Mme Roy ne craint pas que ce dossier des régimes de retraite s'enlise. Elle continue de croire que c'était la voie à suivre. «C'est la meilleure façon de protéger ces régimes-là», d'en assurer la pérennité, plaide-t-elle.