Les nouveaux travailleurs étrangers temporaires ne correspondent souvent plus à l'image qu'on a du travailleur agricole mexicain ou de l'aide domestique des Philippines, plusieurs d'entre eux évoluant désormais dans des secteurs spécialisés comme les télécommunications ou encore le domaine aérospatial.

Les travailleurs agricoles du Guatémala se pointent sur le tard

Des compressions imposées par le Canada dans son réseau d'ambassades à l'étranger ont causé des maux de tête à plusieurs producteurs agricoles, notamment à ceux faisant appel à des travailleurs du Guatémala.
«Des producteurs ont été informés de ne pas compter, cet été, sur les travailleurs temporaires guatémaltèques et d'essayer de s'en remettre plutôt à la main-d'oeuvre locale», souligne au Soleil l'un des administrateurs de l'Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec, Louis Gosselin, de la ferme François Gosselin de Saint-Laurent-de-l'Île-d'Orléans.
À leur grand malheur, certains producteurs ont vu apparaître les travailleurs du Guatémala un mois plus tard que prévu. «C'est un drame pour ceux qui comptent principalement sur les travailleurs temporaires de ce pays pour faire la cueillette des petits fruits, car il ne faut plus compter sur la main-d'oeuvre locale.»
«Dans notre cas, les travailleurs guatémaltèques sont arrivés deux à trois semaines plus tard que nous l'espérions. Il a fallu mettre les bouchées doubles avant qu'ils se pointent dans nos champs. En fin de compte, nous n'avons pas trop écopé pour ce retard étant donné que la période des récoltes est plus tardive cette année», indique Louis Gosselin.
Main-d'oeuvre mexicaine
La ferme François Gosselin fait appel à 80 travailleurs étrangers. La moitié d'entre eux proviennent du Guatémala; l'autre moitié arrive du Mexique. «Nous n'avons éprouvé aucun problème avec les travailleurs mexicains. Dans le cas de ceux provenant du Guatémala, il a fallu attendre plus longtemps qu'à l'habitude en raison de nombreux retards dans la délivrance des visas.»
Par chance, le monde agricole n'a pas été touché par le moratoire du programme des travailleurs étrangers temporaires. C'est l'industrie de la restauration qui en a pris pour son rhume.
«Nous sommes à évaluer les conséquences pour notre industrie des changements apportés par Ottawa à ce programme. Il est trop tôt pour dire s'il sera plus facile ou plus difficile d'embaucher des travailleurs étrangers», indique Louis Gosselin.