Deux sondages, un pour le compte de la TD Canada et l'autre à l'intention de Desjardins Gestion du patrimoine, ont confirmé que faire un budget ne faisait pas partie des habitudes des Québécois.
Deux sondages, un pour le compte de la TD Canada et l'autre à l'intention de Desjardins Gestion du patrimoine, ont confirmé que faire un budget ne faisait pas partie des habitudes des Québécois.

Les Québécois peu intéressés à faire un budget

Yves Therrien
Yves Therrien
Le Soleil
Faire son budget ne fait pas partie des habitudes. Deux sondages le confirment. Et à peu près tous les conseillers financiers des institutions bancaires et les consultants budgétaires des organismes communautaires ou des ACEF corroboreront les résultats.
Le premier sondage, mené pour le compte de TD Canada Trust et publié au début d'octobre, indique que 70 % des personnes de la génération Y, celles qui ont entre 25 et 34 ans, ne font pas de budget ou ne suivent pas celui qu'elles ont établi.
L'autre sondage mené par la firme SOM pour le compte de Desjardins Gestion de patrimoine montre que seulement 16 % des Québécois disposent d'un plan financier écrit.
Autrement dit, ceux qui n'ont pas le réflexe de prendre en main leurs finances personnelles sont plus nombreux que ceux qui tiennent un budget pour contrôler leurs dépenses et leurs épargnes en fonction de leurs revenus.
Certaines personnes dans les institutions financières et les ACEF soulignent que la disparition des cours d'économie familiale au secondaire, ceux dans lesquels on présentait les notions de base pour établir un budget, fait partie des raisons du manque d'intérêt des consommateurs pour la gestion de leurs finances.
Souvent, les jeunes de la génération Y, ou leurs aînés, prennent conscience de l'importance du budget lorsqu'ils se retrouvent devant un conseiller financier lors d'une demande de prêt dans une institution financière, raconte Christian Gagnon, directeur régional principal, Crédit personnel et protection du crédit chez TD Canada Trust.
Et selon le sondage, la génération Y ou les post-boomers du Québec disent qu'ils sont plutôt enclins à trop dépenser en divertissements (47 %), en grignotines (34 %), en vêtements (33 %) et en gadgets électroniques (23 %).
«La plupart des gens pensent que c'est trop complexe de faire un budget, relate M. Gagnon. Pourtant, avec les relevés de cartes de crédit ou de débit, il est assez facile de constater où va l'argent pendant le mois. Faire un budget, c'est un peu comme la course à pied. On ne court pas 5 km la première fois. À force d'entraînement, on arrive à faire 1, puis 2, puis 5 et 10 km. Avec le budget, c'est la même chose. Avec son téléphone intelligent et le courrier électronique, il est si simple de se créer un rappel de faire le budget régulièrement.»
Le suivi
Savoir quels sont ses revenus et où va son argent, c'est vite dit, mais moins simple à réaliser. «L'établissement d'un budget est essentiel si vous voulez vous débarrasser de l'habitude de trop dépenser. Une personne qui prend un café au lait à 5 $ tous les jours, souligne M. Gagnon, aura dépensé plus de 2000 $ à la fin de l'année sans trop s'en apercevoir. Alors, lorsqu'on propose à cette personne qui ne fait pas de budget d'économiser 10 % de son salaire pour avoir une mise de fonds pour l'achat de la maison ou d'une auto, ou encore prévoir un fonds d'urgence si jamais les choses tournent mal au travail, elle est tout étonnée.»
Les conseillers en finances personnelles le répètent : il faut créer l'habitude de faire le suivi de son budget et d'apporter les modifications en fonction des variations des revenus et des imprévus pour avoir une image claire de la situation. Il faut faire le suivi des dépenses, se donner des balises et les respecter.
Et on ne parle pas de planification de retraite ou de REER, ni d'assurer les besoins de la famille ou encore de planifier le paiement des études des enfants, mais simplement de projets à court terme.
Selon le sondage SOM, «88 % des Québécois ont déjà entendu parler de planification financière, leur compréhension du terme se limite essentiellement à la réalisation d'un budget, à ne pas confondre avec un plan financier, et à la planification de la retraite. Pourtant, une planification financière complète intègre aussi bien le financement des projets, la protection des avoirs, le soutien des études des enfants et petits-enfants, l'optimisation des stratégies fiscales et la planification successorale», indique l'analyse de Desjardins.
Pour ceux qui ont besoin d'aide, les ACEF offrent un service de conseiller à la planification budgétaire. La liste des ACEF et des organismes d'aide aux consommateurs se trouve à cette adresse : www.consommateur.qc.ca/associ.htm
Des conseils pour faire un budget :
Chez Desjardins http://tinyurl.com/pwnbrmo
Conseils de l'ACEF : http://tinyurl.com/plj7wxs
Outil en ligne de l'ACEF du Grand-Portage : http://www.acefgp.ca
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>> CONSOMMATEURS AVERTIS
Une application de planification
L'ACEF du Grand-Portage vient de lancer son application mobile PLANIFIER qui porte sur «les événements de la vie» ayant un impact sur les finances personnelles. L'application qui s'adresse à tous vise malgré tout les jeunes adultes, sur «les coûts et les démarches reliés à l'arrivée d'un premier bébé», les moyens d'outiller les consommateurs à la recherche d'une voiture usagée afin que leur décision d'achat soit beaucoup plus éclairée. Il s'agit d'un premier volet qui regroupera plusieurs autres thèmes avec le temps. L'application PLANIFIER pour iOS et Android est gratuite dans les boutiques en ligne App Store et Google Play ou encore sur le site de l'ACEF du Grand-Portage à www.acefgp.ca.
Le Guide des jeux et jouets
Avant d'aller magasiner les cadeaux de Noël des enfants, les consommateurs devraient mettre la main sur le Guide jeux et jouets, réalisé par Protégez-Vous en collaboration avec Option consommateurs. Cette année, le guide passe à l'ère numérique avec des recommandations pour 45 jeux vidéo pour consoles de salon et consoles portables, 16 tablettes électroniques et 32 applications pour tablette destinées aux enfants de 2 à 12 ans. Cela s'ajoute à près de 450 jeux et jouets présentés sur Protégez-Vous.ca dont 100 nouveautés qui figurent dans l'édition imprimée du magazine. Vous aurez les meilleurs choix pour les jeux de société testés par des familles. Même chose pour les jouets. Il y a même une analyse des consoles et un guide des livres pour les jeunes. C'est l'outil pour connaître les bons jeux et éviter les citrons.
Les dépenses du temps des Fêtes
Une nouvelle étude internationale du site RetailMeNot.ca, avec la firme IPSOS, révèle que 59 % des Canadiens sondés prévoient dépenser le même montant que l'an dernier ou un montant plus élevé lors des Fêtes en décembre. Un peu plus du quart (27 %) des Canadiens ne feront aucun magasinage en ligne cette année; seuls les Italiens (29 %) et les Hollandais (31 %) se classent avant eux, selon cette étude sur les dépenses pour les Fêtes menée dans 11 pays. Ce sont les consommateurs du Royaume-Uni qui sont les plus grands acheteurs en ligne (44 %). Ensuite les Chinois (40 %) et les Allemands (33 %). Les Américains sont au milieu du peloton avec 24 % et les Canadiens sont loin derrière à 10 %. Pour ce qui est des prévisions de dépenses totales par les acheteurs du temps des Fêtes dans les 11 pays,  50 % des répondants interrogés ont affirmé qu'ils entendaient dépenser un montant comparable à celui de l'an dernier, 31 % un montant inférieur et 9 % un montant plus élevé. Selon le vice-président des activités mondiales de RetailMeNot, Josh Harding, «les Canadiens qui hésitent à magasiner en ligne ratent de bonnes occasions de profiter d'offres intéressantes de détaillants en ligne nationaux qui n'ont peut-être pas d'établissement dans leur région».