Christian Overbeek, qui est à la fois président du conseil d’administration du CEROM, président des Producteurs de grains et lobbyiste enregistré pour un assouplissement des lois entourant l’usage des pesticides, se défend toutefois d’être en conflit d’intérêts.

Les producteurs de grains prêts à céder la direction du CEROM

MIONTRÉAL — Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) sont prêts à céder la direction du conseil d’administration du CEROM, le Centre de recherche sur les grains, dans une éventuelle réforme de gouvernance de l’organisme qui s’est retrouvé au coeur d’une tempête qui secoue le milieu agricole.

Christian Overbeek, qui est à la fois président du conseil d’administration du CEROM, président des Producteurs de grains et lobbyiste enregistré pour un assouplissement des lois entourant l’usage des pesticides, se défend toutefois d’être en conflit d’intérêts.

M. Overbeek soutient avoir toujours respecté les règles d’éthique liées à ses différentes fonctions.

Coïncidence heureuse, la gouvernance du CEROM faisait déjà l’objet d’une analyse depuis avril 2018 par des experts externes de la Chaire de gouvernance Stephen-A.-Jarislowsky des HEC Montréal.

Parmi les recommandations que M. Overbeek présentera la semaine prochaine au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et, en avril prochain, à l’assemblée générale du CÉROM, il entend suggérer que tous les postes de direction du conseil d’administration soient confiés à des administrateurs indépendants. Il réclame cependant le maintien de la présence des représentants du secteur des grains au sein du conseil.

Présentement, les Producteurs de grains occupent les sièges de président et de secrétaire du conseil ainsi qu’un poste d’administrateur et la Coop fédérée détient la vice-présidence et un autre poste d’administrateur.

En fait, les Producteurs de grains, grands utilisateurs d’engrais et de pesticides, la Coop fédérée, qui en est un des principaux distributeurs, et l’Association professionnelle en nutrition des cultures, qui représente les fabricants, occupent six des neuf sièges du conseil.

En d’autres termes, la majorité au conseil d’administration du centre de recherche est détenue par des groupes qui utilisent, vendent ou fabriquent des pesticides, des herbicides et des engrais.

En entrevue avec La Presse canadienne, Christian Overbeek a fait valoir que les Producteurs de grains sont les principaux utilisateurs des fruits du travail du CEROM, ce qui justifie la présence d’un organisme chargé de représenter les intérêts de ceux qui utilisent l’information issue de la recherche qui s’y déroule. Il a ajouté que les producteurs pouvaient, en étant au conseil d’administration, faire part de leurs préoccupations ou de leurs besoins de recherche.

Il a toutefois reconnu que les préoccupations de ses membres pouvaient tout aussi bien être transmises au Centre de recherche sans qu’ils ne siègent au conseil d’administration.

Le CEROM est devenu un objet d’intérêt à la suite du congédiement très médiatisé de l’agronome Louis Robert, par le MAPAQ, pour avoir transmis des informations confidentielles à certains médias faisant état d’ingérence du conseil d’administration du Centre de recherche dans la diffusion de résultats de recherche et leur interprétation.

M. Overbeek s’est toutefois défendu d’être un défenseur des pesticides, faisant valoir que les producteurs se tournent vers ces produits en dernier recours pour «préserver la qualité de leurs récoltes». Il a ajouté que «l’agriculteur est le premier à avoir le nez dans le produit quand il l’applique; il n’est pas intéressé à en mettre pour rien.»