En mesurant le niveau de cortisol, il est maintenant plus facile de confirmer une dépression ou un burnout.
En mesurant le niveau de cortisol, il est maintenant plus facile de confirmer une dépression ou un burnout.

Les problèmes de santé mentale coûtent 20 G$ à l'économie

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil
Un Canadien sur cinq aura un problème de santé mentale dans sa vie. Pour les entreprises, les problèmes de santé mentale ou comportementale, comme la dépression, les troubles bipolaires, la phobie sociale, les troubles paniques et l'agoraphobie sont les principales causes des invalidités de courte et de longue durée, et ce, devant les maux de dos et d'autres problèmes musculosquelettiques, les accidents, le cancer et les maladies cardiovasculaires.
Selon le Conference Board du Canada, le coût des problèmes de santé mentale ou comportementale pour l'économie s'élève à 20,7 milliards $ en raison principalement de la baisse de participation au marché du travail. Les prévisions tendent à démontrer que la facture pourrait grimper jusqu'à
30 milliards $ d'ici à 2030.
En effet, des études ont démontré que les personnes souffrant d'épisodes dépressifs peuvent avoir d'importantes baisses de productivité. Un épisode dépressif majeur peut faire chuter la productivité d'un travailleur de 11 % en raison de l'apparition de problèmes de mémoire, de confusion ou d'inattention ou encore des troubles du sommeil.
Retour difficile
Or, dans une nouvelle étude publiée mardi, le Conference Board estime que les deux tiers des employés de retour au boulot après une absence attribuable à une dépression ont des difficultés à se concentrer, à se rappeler des choses, à prendre des décisions et à exécuter des tâches, et ce, même lorsqu'ils ont obtenu le feu vert de leur médecin pour reprendre leurs activités professionnelles.
«Les employés qui reviennent travailler après un épisode dépressif auront peut-être besoin d'aide à leur retour ou même de mesures d'accommodement pour réintégrer avec succès leur milieu de travail», signale Louise Chénier qui a dirigé l'enquête menée auprès de 2000 travailleurs et gestionnaires. «Ces mesures peuvent également contribuer à réduire le risque de rechute et de nouvelles pertes de productivité liées à l'absentéisme ou au présentéisme.»
L'auteure note en effet qu'il devenait «de plus en plus évident que l'absentéisme n'est pas le principal facteur associé à la perte de productivité, mais plutôt le présentéisme, c'est-à-dire lorsqu'un employé est présent physiquement au travail, mais que son efficacité est réduite en raison des problèmes de santé physique ou mentale.»
Tout en insistant sur le fait que le recours à des stratégies de retour progressif au travail ou à des mesures d'accommodement pour les employés ayant souffert de dépression aidait ces derniers à réintégrer avec succès le milieu de travail et réduisant du même coup les risques de rechute, Louise Chénier constate que 52 % des gestionnaires interrogés n'avaient aucune expérience de la gestion d'un travailleur revenant d'un congé pour des raisons de santé.
«Il est très important que les organisations veillent à ce que les gestionnaires puissent reconnaître les symptômes d'un problème de santé mentale tel que la dépression, afin d'offrir les ressources et le soutien nécessaires aux employés», affirme le Conference Board.
«Sans cette sensibilisation et cette éducation, les patrons risquent de traiter beaucoup plus souvent les pertes de productivité qui en résultent comme des questions de rendement, au lieu de faire en sorte que l'employé bénéficie du traitement, des mesures d'accommodement et de l'aide dont il a besoin pour se maintenir en bonne santé et rester productif au travail.»
Il est possible de consulter l'étude La dépression en milieu de travail. Points des employés et des superviseurs sur le site du Conference Board (www.conferenceboard.ca).
Quelques signes...
- Une baisse inexpliquée de la productivité en général
- Des retards au travail ou des absences inhabituels
- Des difficultés sur le plan de la mémoire, de la concentration ou de la prise de décision
- Une inaptitude à travailler en équipe
- Des excès de colère sur le lieu de travail
- Une perte d'intérêt pour le travail