L’ancien pdg de Renault, Louis Schweitzer, avait lui-même recruté Carlos Ghosn (photo) comme adjoint en 1996, avec l’idée d’en faire son successeur.
L’ancien pdg de Renault, Louis Schweitzer, avait lui-même recruté Carlos Ghosn (photo) comme adjoint en 1996, avec l’idée d’en faire son successeur.

Les problèmes de Renault liés au style de gestion de Ghosn, selon son prédécesseur

PARIS — Les difficultés actuelles de Renault sont liées au style de gestion de Carlos Ghosn, a estimé jeudi l’ancien pdg du constructeur automobile français, Louis Schweitzer, sur la radio RTL.

«Les difficultés propres à l’alliance Renault-Nissan [...] tiennent à la façon dont cette alliance a été pilotée avant le départ de Carlos Ghosn», a déclaré M. Schweitzer, qui a dirigé le groupe de 1992 à 2005 et mis sur pied le partenariat franco-japonais en 1999.

Interrogé sur la responsabilité personnelle de Carlos Ghosn dans la crise actuelle, M. Schweitzer a mis en cause sa gestion.

«Son style de gestion n’était plus assez présent ni adapté à la situation. Il y a eu l’ambition d’être numéro un mondial [qui a conduit] à sacrifier tout le reste à cette première place mondiale, et ça ce n’est pas bon», a expliqué l’ancien dirigeant, qui avait lui-même recruté Carlos Ghosn comme adjoint en 1996, avec l’idée d’en faire son successeur.

À partir de 1999, M. Schweitzer avait envoyé Carlos Ghosn au Japon avec la mission de redresser Nissan, alors en grandes difficultés financières. «Il a été absolument exceptionnel dans le redressement de Nissan», a-t-il reconnu.

Auréolé de ses succès chez Nissan, devenu une vedette au Japon, M. Ghosn était devenu le patron de Renault à partir de 2005 tout en continuant de diriger le partenaire japonais. Mais «dans la durée, ça s’est dégradé», a ajouté M. Schweitzer.

Le groupe Renault a annoncé le 14 février qu’il envisageait des fermetures d’usines après être tombé dans le rouge l’an dernier pour la première fois depuis 2009, un an après la chute de Carlos Ghosn.

Ce dernier avait été déchu de ses fonctions de pdg de Renault après avoir été interpellé au Japon pour des malversations présumées. En fin d’année, il a cependant réussir à fuir le pays, où il était assigné à résidence dans l’attente de son procès, pour se réfugier au Liban.

Lors d’une conférence de presse début janvier, M. Ghosn avait vertement critiqué la gestion de ses successeurs.

«Franchement, il n’y a plus d’Alliance» Renault-Nissan, avait-il affirmé. «La croissance a disparu, les profits sont en chute. J’ai du mal à trouver une quelconque direction stratégique», avait-il lancé, en rappelant qu’il avait porté l’alliance au premier rang mondial en volume de ventes en 2017 et 2018.