Les prestataires de la PCU doivent se préparer à payer des impôts pour 2020

Craig Wong
La Presse Canadienne
OTTAWA — La Prestation canadienne d’urgence (PCU) a été une bouée de sauvetage financière pour plusieurs lorsque la COVID-19 a forcé les entreprises à fermer leurs portes et a mis l’économie à l’arrêt au printemps.

Et même si les prestations de 500 $ par semaine ont aidé des millions de Canadiens à continuer de payer leurs factures et à faire leurs courses, plusieurs n’ont probablement pas beaucoup réfléchi à la façon dont cette aide se répercuterait sur leurs impôts.

Maintenant que 2020 touche à sa fin, des experts fiscaux disent que le moment est venu de vérifier si de l’impôt pourrait être dû sur le revenu des prestations d’urgence reçues cette année, afin d’éviter de se retrouver face à une mauvaise surprise au printemps.

Selon John Waters, directeur des services de consultation fiscale chez BMO Gestion privée, il est important que les gens comprennent que les paiements de la PCU devront être inclus dans le revenu imposable.

«Bien sûr, les éléments critiques ici sont le taux d’imposition marginal et les autres sources de revenus, qui dicteront quel impôt sera dû», explique M. Waters.

La PCU a été conçue pour aider ceux qui ont perdu leur travail, sont tombés malades ou ont été contraints de se mettre en quarantaine ou de rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants à cause de la pandémie.

Ceux qui ont reçu la PCU recevront un feuillet d’impôt du gouvernement, indiquant le montant qui doit être inclus comme revenu pour la déclaration de revenus de 2020.

Le programme prévoyait 500 $ par semaine pendant un maximum de 28 semaines, pour un montant maximal de 14 000 $. Le montant reçu est considéré comme un revenu imposable, mais Ottawa n’a déduit aucun impôt lors de l’envoi de l’argent aux Canadiens.

Le montant personnel de base fédéral - le montant que tous peuvent gagner avant de commencer à payer l’impôt fédéral sur leur revenu - est de 13 229 $ pour 2020.

Cela signifie que ceux qui ont obtenu le montant maximal de PCU et n’ont reçu aucun autre revenu ni aucun autre crédit d’impôt vont devoir à Ottawa un petit montant, note M. Waters.

«L’essentiel est probablement de faire une sorte de pro forma ou une estimation de sa situation fiscale pour 2020 (...) et d’avoir une idée approximative du type d’impôt qui pourrait être dû en fonction de toutes les sources de revenus obtenus, et peut-être des déductions ou des crédits», dit-il.

Jamie Golombek, directeur général à la planification fiscale et successorale à la Banque CIBC, affirme que le montant dû dépendra du montant des autres revenus gagnés cette année, avant ou après avoir reçu les paiements de PCU, et des autres déductions et crédits d’impôt applicables.

«Quelqu’un qui a eu un autre revenu en janvier, en février ou au début mars, ou qui est retourné travailler ou a travaillé à temps partiel, ou qui a eu un peu de revenus en sus, va alors devoir de l’argent», calcule-t-il.

Selon M. Golombek, il est préférable de savoir maintenant si on peut devoir de l’argent, afin d’avoir le temps de le mettre de côté plutôt que de se retrouver coincé en avril, lorsque la déclaration de revenus doit être transmise.

«En ce moment, on peut vraiment avoir une bonne idée de l’endroit où on va finir», a-t-il estimé.

«Si on est à court d’argent, le moment est peut-être venu de mettre de côté 25 $, 30 $, 40 $ de plus par semaine pour pouvoir payer ces impôts au printemps prochain.»

M. Golombek note que le gouvernement retient l’impôt à la source sur les nouveaux programmes de prestations qui ont remplacé la PCU cet automne, mais ajoute que même dans ce cas, cela pourrait ne pas suffire.

«La retenue n’est que de 10 %, donc encore une fois, cela pourrait ne pas être suffisant pour de nombreux Canadiens. Alors ils voudront peut-être planifier cela également, pour que ce ne soit pas une surprise», indique-t-il.