L'entreprise de Thetford Mines Canatal a décroché le contrat pour fabriquer la structure d'acier du futur siège social de l'équipe de la NFL.

Les Patriots s'en remettent à Canatal pour des nouveaux locaux

Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre n'iront pas au Super Bowl le 2 février à New York. En revanche, ils emménageront sous peu dans des locaux administratifs tout neufs au Gillette Stadium à Foxborough, une municipalité située à une trentaine de kilomètres de Boston. Et c'est une entreprise de Thetford Mines, Canatal, qui a décroché le contrat pour fabriquer la structure d'acier du futur siège social de l'équipe.
Décidément, la réputation des fabricants et des installateurs de structures d'acier de la région de la Chaudière-Appalaches n'est plus à faire au Massachusetts. C'est Structal, une division du Groupe Canam, de Saint-Georges, qui avait réalisé, au début des années 2000, la conception-ingénierie, la fabrication et le montage des 17 000 tonnes de composantes de charpente, de poutrelles et de tablier métalliques du même Gillette Stadium, une cathédrale du football d'une capacité de près de 70 000 spectateurs. Le Groupe Canam compte d'ailleurs à son actif plus d'une cinquantaine de stades et d'arénas à travers l'Amérique du Nord.
«Ce n'est pas le plus gros contrat de notre histoire - je parlerais plutôt d'un contrat de moyenne envergure -, mais il nous apporte beaucoup de fierté», explique au Soleil le fondateur et président de Canatal, Ralph Poulin.
«Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, c'est un symbole important aux États-Unis. Qu'une entreprise canadienne décroche le contrat d'acier pour la construction du siège social de cette équipe, cela en dit long sur notre capacité de bien faire les choses et de les faire dans un échéancier serré.»
Canatal n'était évidemment pas seule sur les rangs pour l'obtention du contrat pour la construction du bâtiment administratif de 50 000 pieds carrés. «Nous avons été choisis parce que nous sommes fiables et que nous sommes capables de livrer rapidement. Dans le cas contraire, le choix se serait sans doute arrêté sur des fournisseurs américains», indique M. Poulin. «Dans le cas présent, il faudra livrer l'acier et l'installer sur place à l'intérieur d'un délai deux fois plus rapide que nous le faisons habituellement pour un contrat de cette importance. Pour l'installation, il faudra assurément travailler sept jours par semaine.»
Canatal a décroché le contrat en décembre et rapidement les plans ont été dessinés. «Il faudra livrer l'acier dans trois semaines. Ensuite commencera l'installation», informe Ralph Poulin.
Le marché de prédilection de Canatal, c'est les États-Unis. L'entreprise thetfordoise y tire 90 % de son chiffre d'affaires. Elle y a réalisé plus de 700 projets dont de nombreux pour de grandes institutions universitaires comme Harvard, Boston University, Massachusetts Institute of Technology, Boston College ou Brown University.
Les difficultés de l'économie américaine ont affecté les activités de Canatal qui possède une usine à Roanoke, en Virginie, en plus de ses installations à Thetford Mines.
«Le marché a chuté de 60 %», rend compte Ralph Poulin. Canatal a dû effectuer des mises à pied en 2009 et 2010. Elle n'a pas tenté de percer sur le marché canadien pour pallier le ralentissement au sud de la frontière. «Si tu laisses ta place dans un marché, quelqu'un d'autre va venir te la ravir. Nous avons plutôt choisi de continuer à travailler fort afin de poursuivre notre développement aux États-Unis.»
Patience payante
Ça valait la peine d'être patient puisque l'économie américaine prend du mieux. «Depuis deux ans, nous avons recommencé à rouler à plein régime», indique M. Poulin en signalant que Canatal comptait maintenant 420 employés. «L'année 2013 a été une bonne année en général. Nous nous attendons pratiquement à la même chose en 2014. Dans le passé, nous étions habitués à des reprises économiques fulgurantes après des années difficiles. Ce n'est plus le cas. Les entreprises investissent, mais elles le font d'une manière plus prudente. D'un pays à l'autre, les économies aujourd'hui sont tellement interdépendantes. Ce qui peut se passer en Chine peut avoir des conséquences jusque chez nous.»
Par ailleurs, Ralph Poulin voit d'un bon oeil les retombées d'un huard qui perd de sa valeur par rapport à la devise américaine. «En raison de cet avantage pour nous, Canadiens, nous constatons qu'il y a de plus en plus d'entreprises d'ici qui tentent leur chance aux États-Unis. Nous sommes donc encore plus nombreux en compétition pour les mêmes contrats.»