L'intérêt de la Chine pour le riz et le maïs (photo) transgéniques laisse toutefois présager une explosion des superficies dédiées aux cultures biotechnologiques.

Les OGM progressent encore

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont poursuivi leur progression mondiale en 2009, mais à un rythme moins soutenu que par les années passées. L'intérêt de la Chine pour le riz et le maïs transgéniques laisse toutefois présager une explosion des superficies dédiées aux cultures biotechnologiques.
L'International Service for the Acquisition of Agribiotech Applications (ISAAA), une organisation faisant la promotion des OGM, en partie financée par les grands semenciers, a publié mardi son bilan mondial sur l'état des cultures biotechnologiques dans le monde.
On y apprend que 134 millions d'hectares d'OGM ont été cultivés dans 25 pays l'année dernière, une hausse de 7 % sur les 125 millions d'hectares recensés en 2008. Cette croissance modeste tranche avec les taux dans les deux chiffres enregistrés durant la décennie précédente. L'ISAAA espère tout de même atteindre son objectif de doubler le nombre de pays (de 20 à 40), d'agriculteurs (de 10 à 20 millions) et d'hectares (de 100 à 200 millions) rompus aux OGM entre 2006 et 2015.
Il faut dire que la récente décision de la Chine d'autoriser les essais de riz et de maïs résistants aux insectes est porteuse d'espoir pour les partisans des cultures biotechnologiques. Le pays occupe le premier rang des producteurs de riz et le deuxième des producteurs de maïs à l'échelle de la planète. Le marché potentiel est immense.
Les États-Unis en tête
En attendant, les États-Unis demeurent les plus grands utilisateurs, suivis du Brésil, qui a dépassé l'Argentine, maintenant troisième. L'Inde occupe la quatrième place, tout juste devant le Canada, qui déclare 8,2 millions d'hectares d'OGM.
Deux nouveaux pays se sont convertis. Le Costa Rica, qui fait de l'écologie la pierre d'assise de son développement touristique, a introduit des variétés de grains transgéniques destinés à l'exportation. Le Japon, qui lève le nez sur tous les OGM voués à la consommation humaine, fait pousser des roses bleues génétiquement modifiées.
En Amérique du Nord, les nouveaux développements se limitent à l'adoption du soja résistant au Roundup et à l'approbation du SmartStax - un nouveau maïs contenant huit gènes différents contre les insectes et les herbicides - vertement dénoncée par Greenpeace.
Ce qui frappe, à l'échelle de la planète, c'est l'adoption massive des variétés biotechnologiques dans certaines productions. Pour la première fois en 2009, plus des trois quarts des superficies dédiées au soya sont OGM. Le coton transgénique, qui perce en Inde et en Afrique, représente un plant sur deux. Pour le maïs, la proportion est de 26 %.
Forte opposition en Europe
Il y a tout de même des bémols. En Europe, où l'opposition aux OGM est forte, l'étoile du maïs Bt continue de pâlir. Les superficies affectées à sa culture sont tombées de 107 719 à 94 750 hectares en 2009. La décision toute récente de l'Inde de ne pas autoriser la commercialisation d'aubergines génétiquement modifiées est également vue comme un recul.
L'ISAAA met de l'avant les bénéfices environnementaux et économiques des OGM pour encourager leur adoption de par le monde. Selon une étude à paraître, basée sur les données de 2008, 14,4 milliards de kilogrammes de CO2 ont été séquestrés, ce qui équivaut à retirer près de sept millions d'automobiles de la route. Des bénéfices de presque 10 milliards $ sont également attribués aux agriculteurs.