Les syndiqués ont déjà voté en faveur d’un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, et ce, dans une proportion de 86,5 %. Ils menacent d’exercer ce mandat de grève dès le 22 septembre, dans deux semaines, et de nuire ainsi à la diffusion à TVA de la soirée électorale.

Les négos au point mort à TVA

MONTRÉAL — Les négociations n'ont toujours pas repris entre TVA et le syndicat représentant ses quelque 800 employés, à deux semaines de l'ultimatum lancé quant au déclenchement possible d'une grève générale illimitée.

Mercredi dernier, plus d'une centaine de syndiqués de TVA ont manifesté, durant leur heure de lunch, devant les bureaux du télédiffuseur, dans l'est de Montréal, pour exprimer leur mécontentement et appuyer leur comité de négociation.

Mais, depuis, les négociations sont au point mort, ont confirmé à La Presse canadienne, vendredi, la direction de TVA et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, qui représente les quelque 800 employés.

Même «aucune rencontre n'est prévue», a confirmé la direction du télédiffuseur.

«Il n'y a aucune date qui est arrêtée, cédulée. On est dans le néant. On continue à se préparer, malheureusement. Mais on est prêt à négocier, naturellement, aussitôt que l'employeur sera volontaire pour continuer les négociations», a affirmé Réal Leboeuf, conseiller syndical au SCFP.

Les syndiqués ont déjà voté en faveur d'un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu'à la grève générale illimitée, et ce, dans une proportion de 86,5 %. Ils menacent d'exercer ce mandat de grève dès le 22 septembre, dans deux semaines, et de nuire ainsi à la diffusion à TVA de la soirée électorale, le 1er octobre.

Mais la direction de TVA a déjà affirmé que sa programmation ne sera pas perturbée et que quoi qu'il advienne, elle «a tout mis en place pour assurer la diffusion de la soirée électorale, ainsi que sa programmation d'automne».

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, n'a pas voulu dire s'il accepterait d'accorder des entrevues au réseau dans l'éventualité où un conflit de travail éclatait.

«Pour l'instant, nous ne savons pas [...] s'il va y avoir une grève et quel comportement auront les grévistes et qu'est-ce qu'ils vont demander. Et donc, c'est une question qui est tellement hypothétique que je n'y réponds pas», a-t-il affirmé en marge d'une annonce à Longueuil, vendredi après-midi.

Il n'a pas non plus voulu dire s'il refuserait de traverser un piquet de grève.

«J'ai fait beaucoup de grèves dans ma vie, j'ai appuyé beaucoup de syndiqués dans ma vie, et il y a plusieurs types de lignes de piquetage. Il y en a où ils ne veulent pas vous laisser entrer, il y en a où ils veulent juste vous informer, alors on va juger ça selon la situation telle qu'elle se déroule», s'est-il contenté d'offrir.

Maintien des emplois

Les points en litige ne sont pas les salaires, mais les abolitions de postes et ce que le syndicat appelle la sous-traitance vers les filiales de Québecor et de TVA, comme les studios Mel's.

La direction nie qu'il y ait transfert d'emplois vers d'autres filiales de Québecor. «Des dispositions sont prévues à la convention collective qui encadrent et protègent les employés contre la sous-traitance, incluant si ce sous-traitant est une filiale de Québecor ou de Groupe TVA», a expliqué la direction, le jour de la manifestation.

Mais le syndicat persiste et signe. «Nous sommes convaincus que pour TVA, ça va être extrêmement difficile et on pense que c'est impossible de faire la soirée électorale, du moins dans le même format qu'on a connu dans les dernières campagnes électorales. C'est une grosse machine la soirée électorale. Et former des employés de remplacement, des scabs, en si peu de temps et avec la technologie qui est utilisée... ça nous apparaît impossible de faire la soirée électorale», a soutenu M. Leboeuf.

Avec les informations de Mélanie Marquis à Longueuil