Ariane Presseau et Alexandra Gariépy ont eu l’idée il y a 18 mois d’ouvrir un lieu qui permettra aux parents de la région de Portneuf de suivre notamment des cours de mise en forme ou des ateliers éducatifs, le tout dans un environnement bien adapté aux enfants.

Les mompreneures de Portneuf

Devant les financiers, Alexandra Gariépy et Ariane Presseau se présentent rarement seules par les temps qui courent. Romy, deux ans et demi, Violette, huit mois, et Émile, sept mois, sont souvent de la partie. De quoi faire chavirer le cœur de pierre du banquier le plus endurci!

«Nous faisons des bébés et nous démarrons notre entreprise. Deux beaux projets menés de front. C’est stimulant. Eh oui, nos bambins nous accompagnent régulièrement lors de nos rendez-vous d’affaires!» signale Ariane Presseau.

Elle est la maman d’Émile.

Son amie et partenaire d’affaires, Alexandra Gariépy, a donné la vie à Romy et à Violette.

Ensemble, les mompreneures sont à bâtir leur entreprise dans la région de Portneuf. Leur coin de pays.

Elles rêvent de Minimum Café depuis 18 mois.

Enceintes toutes les deux, elles planchaient sur leur plan d’affaires et leur étude de marché. Ariane s’investissait à fond dans ses études en démarrage d’entreprise.

Elles veulent offrir à Donnacona un lieu réunissant une kyrielle de services adaptés pour les parents et les futurs parents de la région de Portneuf qui désirent se rassembler pour échanger et pour bouger dans un espace accueillant et sécuritaire.

Des cours de mise en forme. Des ateliers éducatifs donnés par des professionnels. Une écoboutique. Un café proposant des repas légers et santé, tout en offrant un espace adapté pour les enfants.

En fait, un lieu pour briser l’isolement que des femmes peuvent vivre pendant la grossesse ou le congé de maternité. Un lieu de rassemblement et d’échange dans lequel la marmaille se divertit en toute sécurité. 

Un lieu pour permettre aux femmes de se mettre en forme ou de la maintenir. Un lieu, finalement, pour obtenir des informations «neutres et justes», insistent les deux femmes, sur des sujets touchant la périnatalité.

Travailleuse sociale et zoothérapeute de formation, Alexandra Gariépy a été confrontée, après la naissance de Romy, au manque de services spécialisés en périnatalité dans la région de Portneuf pendant son congé de maternité. Pour les obtenir, elle devait se déplacer vers Québec.

L’idée de Minimum Café a alors commencé à faire son bout de chemin.

Voilà qu’Ariane Presseau arrive dans le décor. Elle cumule plus d’une dizaine d’années d’expérience de travail auprès des femmes à travers le monde. Au Centre des femmes de Portneuf, elle a notamment mis l’épaule à la roue pour mettre sur pied des projets adaptés aux besoins des femmes de la région.

L’aide de La Ruche

Pas facile pour les jeunes pousses comme Minimum Café d’obtenir des sous après des institutions traditionnelles de financement.

Le projet d’Alexandra Gariépy et d’Ariane Presseau devait être solide puisque Futurpreneur Canada, une organisation qui épaule les jeunes entrepreneurs, et la Banque de développement du Canada (BDC) ont mis la main dans leur poche pour l’aider à voir le jour. Un coup de pouce de 15 000 $ de Futurpreneur. Un autre de 30 000 $ de la BDC. 

Le financement était cependant loin d’être complété.

Il fallait acheter des chaises hautes, des jouets, des tables à langer et des équipements pour les activités physiques. Il fallait aussi aménager une zone pour permettre aux mamans d’allaiter. 

Les mompreneures se sont alors tournées vers La Ruche. Créée en 2013, cette plateforme de financement participatif de proximité a permis, jusqu’à maintenant, la concrétisation de 253 projets grâce à des dons totalisant 2,3 millions $ provenant de 22 343 contributeurs.

«Au départ, nous espérions aller chercher 4000 $ par l’entremise de La Ruche. Ses experts nous ont plutôt suggéré de viser 6000 $, car ils estimaient que nous avions un bon projet entre les mains. Nous avons donc fixé notre objectif de financement à 6000 $», explique Ariane Presseau.

À la fin de la campagne, Mimimum Café avait récolté 7798 $. Cent trente et un contributeurs ont permis à la jeune entreprise d’atteindre 129 % de son objectif. «Une tape dans le dos qui fait du bien. Ça prouve le besoin pour nos services dans notre région», commente Ariane Presseau.

«La Ruche agit comme une sorte d’agent de validation des projets», fait valoir Jean-Sébastien Noël, le président et cofondateur de la plateforme de financement participatif de Québec. «Si une idée d’un promoteur parvient à attirer l’attention des citoyens et obtient le financement participatif demandé pour la réalisation du projet, ça démontre que son initiative a du potentiel.»

Du même coup, ça rassure les institutions financières qui sont généralement hésitantes à se mouiller.

Dans la capitale, Desjardins Entreprises Québec-Capitale vient de s’associer avec La Ruche pour récompenser les jeunes pousses qui franchissent avec succès l’étape de la campagne de financement participatif. En plus du versement d’un prêt conditionnel à la réussite du financement à partir de La Ruche, Desjardins s’engage à accorder une gratification pécuniaire. Dans le cas de Minimum Café, l’aide de Desjardins totalise 35 000 $.

L’ouverture du Minimum Café est prévue pour le début du printemps. Deux emplois à plein temps seront créés et des travailleurs autonomes seront embauchés pour offrir des ateliers et des cours de mise en forme.

Pour information : minimumcafe.com