L'arrivée au pouvoir de Donald Trump a un effet favorable sur le prix des métaux de base, dont le fer, depuis mardi.

Les minières bénéficient de l'élection de Trump

Les géants miniers de la Côte-Nord pourraient bien à court terme profiter de l'élection de Donald Trump. Depuis le changement de garde à la Maison-Blanche mardi, le prix du fer a bondi de 10 %.
Le prix de la tonne de fer se négociait autour de 66 $US mardi, quelques heures avant que les Américains choisissent le candidat républicain à la présidence. Vendredi, sa valeur avait augmenté de 7 $ en quatre jours pour atteindre 73 $. Un bond «logique» alors que Trump a promis d'investir massivement dans les infrastructures des États-Unis.  
«Que ce soit les routes, les aéroports ou les ports, tout ça devrait avoir un impact favorable sur les métaux de base et industriels», a expliqué l'associé et leader du secteur minier pour le Québec chez PricewaterhouseCoopers, Nochane Rousseau. «De voir le cuivre, le fer augmenter, c'est logique quand on se concentre sur l'économie américaine.» 
Les grands joueurs miniers de la planète ont aussi vu leur valeur boursière grimper depuis le jour du scrutin. L'action de Cliffs Natural Resources, installé aux États-Unis, a grandi de 20 % et celle de l'aciériste US Steel, de plus de 22 %. Chez nous, les producteurs miniers ArcelorMittal et Rio Tinto bénéficient d'une hausse autour de 10 %. 
Champion Iron, qui a récemment racheté la mine du lac Bloom mais qui n'opère pas, a aussi vu son titre hausser de 21 %. La société a même publié un communiqué le 9 novembre pour confirmer qu'elle n'avait pas divulgué d'informations importantes liées à ses projets, qui auraient pu expliquer le bond de la valeur de son action. 
Reste que bien malin celui qui peut prédire si cette embellie des marchés du secteur minier se maintiendra, mais elle sera à tout le moins profitable, à court terme, aux sociétés déjà bien en place, estime M. Rousseau. «Des ArcelorMittal ou des Rio Tinto vont être capables de monétiser l'augmentation des prix», indique l'expert. 
Pour les projets sur la table à dessin, il faudra néanmoins attendre un peu, selon lui. «Est-ce que des projets qui sont arrêtés ou en développement iront de l'avant? C'est trop tôt parce que les gens vont attendre de voir à quel point les marchés vont être volatils», prévoit Nochane Rousseau. «C'est trop récent pour prendre des décisions.» 
C'est que l'arrivée au pouvoir de Donald Trump amène peut-être un vent favorable sur l'économie américaine, mais pas encore sur l'échiquier mondial avec ses promesses de politiques plus protectionnistes. «Ça crée une incertitude sur l'économie mondiale et quand il y a de l'incertitude, les gens ne dépensent pas», rappelle-t-il. 
Un recul de la croissance mondiale n'entraînerait «paradoxalement» rien de bon pour le marché des métaux «parce que quand il a moins de développement, les gens en consomment moins». «La seule chose dont je suis convaincu, c'est qu'il va y avoir beaucoup de volatilité parce qu'il y a deux tendances», souligne-t-il. 
Une tendance?
Une volatilité qui pourrait s'accroître davantage si les «surprises» causées par le vote sur le Brexit ou le choix de Trump deviennent une «tendance» à travers la planète. «Je reste très prudent», assure M. Rousseau qui cite, entre autres, la tenue des élections en France et en Allemagne en 2017, qui pourraient aussi créer de «l'incertitude sur les marchés». 
Les investisseurs de ce monde «vont surveiller avec intérêt la croissance du prix des commodités» que l'on remarque depuis mardi. «Par contre, trop court pour l'instant. Ils vont vouloir comprendre la volatilité du marché pour savoir si ce sera assez solide pour se maintenir ou si d'autres éléments vont être perturbateurs en 2017», résume l'expert.