Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradise, affirme sentir sur le terrain que les jeunes reviennent au travail agricole.

«Les jeunes reviennent au travail agricole», estime le ministre Paradis

Le métier d'agriculteur reprend ses lettres de noblesse, affirme le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis. «On le sent sur le terrain, les jeunes reviennent au travail agricole», estime-t-il au moment où l'Exposition agricole de Montmagny ouvre ses portes avec les finales provinciales de jugement des animaux.
En général, le ministre considère que le secteur de l'agriculture se porte assez bien malgré les aléas du temps et ceux des marchés, quand ce ne sont pas les négociations de traité de libre-échange qui mettent à mal le système de gestion de l'offre.
«Nous avons une entente unanime sur la protection du système de gestion de l'offre depuis la rencontre des ministres canadiens de l'Agriculture à Charlottetown, rappelle-t-il. Au Québec, notre système fait en sorte que le marché est en équilibre avec un peu plus de 40 % en gestion de l'offre et 60 % pour le libre marché.»
Pour lui, en plus de créer des emplois, l'agriculture demeure toujours la meilleure manière d'occuper le territoire.
Favorable à la gestion de l'offre, M. Paradis souligne que l'abandon des quotas en Europe n'a pas été avantagé les consommateurs comme le prétendaient les tenants du libre marché. «Je défendrai l'intégrité de notre mode de fonctionnement, continue-t-il, non seulement parce qu'il fonctionne, mais parce que notre marché est bien équilibré.»
Il rappelle que le secteur agricole est le plus important dans la province en termes d'emploi et d'activité économique. «C'est plus que l'aéronautique et de nombreux autres secteurs de pointe, clame-t-il. Il s'est vendu pas mal plus de porcs aux États-Unis en termes de dollars que d'avions. Et c'est un secteur où 60 % de la production est ouverte sur l'étranger.»
À son avis, les accords de libre-échange comme celui avec l'Europe ne nuiront pas au monde agricole. Au contraire, il y a de la place pour l'expansion des productions et la conquête de nouveaux marchés. Même pour le secteur des fromages, où il maintient que le Québec est le champion en Amérique, il y a de la place à l'expansion vers les marchés du Sud, même vers l'Europe où les produits québécois sont capables de faire très bonne figure.
Investir dans le bio
Pour les prochaines années, son ministère accentuera les efforts dans les programmes d'agricul-ture biologique, un marché en croissance d'au moins 10 % par année. L'agriculture biologique fait partie des tendances, mais c'est aussi une agriculture de proximité. Ce n'est pas sans raison que son ministère consacrera 9 millions $ dans les prochaines années pour le développement de ce segment de marché.
Il admet aussi, dans la perspective où la demande de nourriture demandera une production de 70 % supérieure en 2050 à ce qui se fait aujourd'hui, que les agriculteurs québécois devront aussi faire leur part du côté des gains de productivité.
Quant à l'accaparement des terres, il affirme qu'il garde un oeil attentif sur la situation pour que l'achat des terres demeure accessible à la relève agricole. Il ne voit pas d'envahisseurs étrangers, car les lois ne le permettent pas. «Nous sommes parmi les gouvernements les plus avancés sur ce sujet en termes législatifs. J'attends le rapport de la commission parlementaire à cet effet. Si c'est un problème qui fait l'unanimité, on le réglera. Mais jusqu'à maintenant, personne ne m'a écrit pour me dire que dans telle région ou tel secteur, les terres ont été accaparées indûment» par des gens plus intéressés par la spéculation que par l'agriculture.
=> Vous voulez y aller?
Quoi : Exposition agricole de Montmagny
Quand : de mercredi à dimanche
: 23, avenue Sainte-Brigitte Nord, Montmagny
Billets : 12 ans et plus : 10 $, 11 ans et moins et 60 ans et plus : 5 $ (expo seulement, autres forfaits disponibles)
Tél. : 418 248-3418
Info : expodemontmagny.com