Le président et chef de la direction de la Banque Royale du Canada, Dave McKay.

Les investisseurs fuient le Canada «en temps réel», dit le patron de la RBC

OTTAWA - Le patron de l’une des plus grandes banques du Canada presse le gouvernement fédéral d’agir pour endiguer l’exode des capitaux d’investissement vers les États-Unis, car selon lui, les fonds sortent déjà en «temps réel».

Le président et chef de la direction de la Banque Royale du Canada, Dave McKay, a fait part lors d’une récente entrevue à La Presse canadienne de ses plus grandes inquiétudes au sujet de la compétitivité du Canada.

Ottawa fait face à la pression du milieu des affaires canadien pour répliquer à la récente révision du taux de taxation aux États-Unis. Une mesure qui devrait attirer les investissements au sud de la frontière.

Dave McKay affirme qu’un «important» exode des investissements est déjà en cours en direction des États-Unis, particulièrement dans les secteurs de l’énergie et des technologies propres.

La fuite des capitaux, ajoute M. McKay, va probablement entraîner une fuite des talents, ce qui veut dire que la prochaine génération d’ingénieurs, de solutionneurs de problèmes et de créateurs de propriété intellectuelle pourrait prospérer au sud de la frontière plutôt qu’au nord.

«On voit notre gouvernement se promener partout dans le monde en vantant à quel point le Canada est un excellent endroit pour investir. Oui, c’est un beau pays, un pays inclusif, un pays diversifié avec un excellent capital humain, mais si on ne retient pas le capital ici, on ne peut pas retenir les gens ici. Des changements sont nécessaires pour réunir le capital humain et le capital financier au même endroit», explique le patron de la RBC.

Depuis l’élection du président Donald Trump aux États-Unis, le milieu des investissements au Canada est aux prises avec de graves incertitudes en lien avec la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Plusieurs personnes pointent aussi du doigt les importantes réductions de taxes aux entreprises consenties aux États-Unis, une mesure qui pourrait faire encore plus mal au Canada.

Toutefois, selon M. McKay, le problème de compétitivité va au-delà du simple taux de taxation. Par exemple, les entreprises américaines ont la possibilité d’amortir la valeur totale de leurs investissements en machinerie et en nouveaux équipements.

«Cela change complètement le retour sur l’investissement. Juste ça pourrait réduire la concurrence», croit le banquier.

En comparaison, le Canada n’offre qu’une possibilité d’amortissement sur deux ans et uniquement dans les secteurs de la fabrication et de la transformation.