Pour bien des gens d'affaires québécois, le seul fait de se présenter en Israël en compagnie du premier ministre constitue une carte de visite non négligeable pour conclure des affaires,

Les gens d'affaires québécois confiants de conclure des ententes en Israël

Le Québec doit réussir à transformer ses idées de génie en produits innovants, disent en choeur les gens d'affaires du Québec. Et Israël pourrait bien être le pays qui contribuera à faire de ce projet une réalité.
Une imposante délégation composée de plus d'une centaine de personnes - gens d'affaires, chercheurs, dirigeants d'universités -, accompagne le premier ministre Philippe Couillard pour une mission d'une semaine axée sur l'innovation, en Israël et en Cisjordanie.
Tous tiennent le même langage: le Québec a le talent, la créativité, les idées, mais arrive difficilement à passer à l'étape suivante, soit la commercialisation de produits innovants.
C'est pourquoi Israël, reconnu comme le paradis de l'innovation, de la technologie et des «start-ups», constitue un modèle à suivre. On cherche à importer la recette.
Ce genre de mission «permet d'ouvrir des portes qu'on ne serait peut-être pas capables d'ouvrir si on n'était pas accompagnés» par un dirigeant politique, voire possiblement permettre aussi de «conclure des ententes», fait valoir le président de Montréal International, Hubert Bolduc.
Un des objectifs de M. Bolduc, qui en est à sa quatrième mission israélienne en moins d'un an, consiste à «vendre» aux Israéliens le fait que Montréal est un leader en matière d'intelligence artificielle. «Il faut leur dire qu'on a les meilleurs chercheurs», rappelle-t-il, en guise d'argument pour attirer d'éventuels entrepreneurs israéliens cherchant à investir dans ce domaine à l'étranger.
Expertise israelienne
Pour bien des gens d'affaires québécois, le seul fait de se présenter en Israël en compagnie du premier ministre constitue une carte de visite non négligeable pour conclure des affaires, a considéré quant à lui le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, lors d'une mêlée de presse samedi, en marge des discussions planifiées dans le cadre la mission.
Il fait remarquer que l'importante communauté juive montréalaise constitue sans aucun doute un atout, une clé supplémentaire pour faciliter la conclusion d'ententes ou de partenariats Québec-Israël.
«On n'est pas ici pour le marché», fait-il remarquer, le pays, de petite taille, ayant une population semblable à celle du Québec, mais plutôt pour découvrir le secret de l'expertise israélienne.
Autre avantage de courtiser ce pays: les Israéliens aiment conclure des affaires «très rapidement», selon M. Leblanc, dès les premiers contacts. «C'est une communauté d'affaires qui aime aller vite en affaires», résume-t-il.
Une autre participante à la mission, la rectrice de l'Université McGill, Suzanne Fortier, convient elle aussi qu'un effort sérieux doit être entrepris pour améliorer le maillage entre la recherche scientifique et son application concrète sous forme de produits innovants.
«Il faut s'assurer que ce qui se passe chez nous (à McGill) a des bénéfices pour la société, s'assurer que les connaissances, les technologies passent aux mains des entrepreneurs qui vont les mettre en pratique», a commenté Mme Fortier, à la recherche de meilleures «synergies» à créer entre l'université et le secteur privé.
L'homme d'affaires prospère montréalais bien connu Mitch Garber, qui a participé notamment à l'émission «Dans L'Oeil du dragon», souhaitait être à Jérusalem pour faciliter les liens entre entrepreneurs israéliens et québécois.
De confession juive et présent fréquemment en Israël, M. Garber a indiqué qu'il était à ses yeux «naturel» que les gens d'affaires des deux pays se rencontrent pour brasser des affaires ensemble.
Il se dit persuadé que ce type de missions est très profitable pour le Québec.
«Est-ce qu'on va voir ces avantages dans une semaine? Non. Mais je suis convaincu que dans les prochains, trois, cinq, dix ans, on va voir que le mariage entre compagnies israéliennes et québécoises va produire des fruits. Sinon, je ne serais pas ici», a-t-il commenté.